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Graines de pensées...

Un matin pas comme les autres: Chapitre 4

4 Mars 2016 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société

Un matin pas comme les autres: Chapitre 4

Chapitre 4 : L’anniversaire manqué

Le lendemain, Eric arriva au bureau en espérant avoir laissé passer la rage de la nuit. Il faut se l’avouer, il n’avait pas bonne mine. Il n’a pas réussi vraiment à fermer les yeux de la nuit repensant à cet admirateur secret. Et si c’était Georges, le type qui l’avait cogné ce jour-là ? Après tout, c’était lui qui avait attiré son attention sur Odette. En plus c’était Odette qui avait pris ses contacts pour lui. Peut-être qu’ils sont restés en contact et se voyaient ? Peut-être qu’elle sortait même déjà avec lui…

Ce matin, il dépassa son bureau sans s’en rendre compte avant de revenir sur ses pas. Ce qui n’échappa point à quelques collègues venus plus tôt que lui. Il s’installa dans son bureau et se mit au travail en jetant des regards par-dessus le poignet de la porte avec l’espoir de voir Odette rentrer dans le bureau comme elle en avait pris l’habitude maintenant depuis leur premier déjeuner. Jusqu’à midi, rien ne se passa. Et pourtant elle était là au bureau. Que se passait-il ? Sa question était-elle mal placée ?

De son côté, Odette n’avait pas souri depuis le matin qu’elle était arrivée. A tel point que presque personne n’osait faire une petite blague à son endroit. Car c’était inhabituel de la voir dans pareil état. Elle n’avait pas bien dormi et en voulait à Eric. En réalité, ce bouquet était pour marquer son premier anniversaire dans l’entreprise et c’était le Directeur Général qui l’avait fait livrer. Un cocktail avait même été organisé ce soir-là au Restaurant du Rex. Elle s’était faite encore toute belle dans une robe longue de soirée moulante et qui dessinait son corps comme si elle était nue. Elle s’était habillée pour Eric. Et lui, n’était pas venu. Pourquoi avait-il réagi ainsi ? Il était le seul du boulot à n’avoir pas fait le déplacement. Avec une loupe, on aurait pu voir la fumée qui sortait de ses oreilles tant elle était en colère et avait décidé de lui rendre la monnaie de sa pièce.

Elle était assise, là, sans rien faire devant un écran d’ordinateur vidé de vie quand Eric entra dans son bureau. Ce dernier avait été frappé tout de suite par le manque de rangement ce jour mais avait aussi un visage grave.

  • Bonjour Odette.
  • Bonjour.

Elle n’avait même pas prononcé son nom. Maintenant, il n’y avait plus de doute pour Eric : quelque chose n’allait pas. Etait-il le responsable de son humeur ? Mais qu’avait-il fait ? N’était-ce pas lui qui l’avait ramené chez elle hier ? Oh zut ! Sa moto était restée au service et il ne s’était même pas proposé pour la prendre en venant au boulot ce matin. Surement que c’était à cause de cela.

  • Odette, s’il te plait, excuse-moi ce matin. J’avais complètement oublié que ta moto était restée au boulot. Sinon je serais passé te chercher ce matin.
  • Hum.
  • Qu’est-ce qui ne va pas ? Tu as des soucis ?
  • Oui, j’ai un souci et c’est toi, Eric.
  • Ah bon ! je ne comprends pas.
  • Vous les hommes, vous êtes pareil. Toi aussi tu as l’intention de t’amuser avec moi et me laisser tomber n’est-ce pas ?
  • Odette, je crois qu’il y a confusion sur la personne. Je ne sais pas de quoi tu parles.
  • Pourquoi me dragues-tu alors ?
  • Quoi ? euh…
  • Tu vas maintenant le nier n’est-ce pas ? T’en fait pas, je ne dirai rien à personne ici. Tu peux être tranquille. Et s’il te plait, laisse-moi travailler
  • Euuh… il est déjà midi et on devait aller déjeuner ensemble.
  • Eric, je n’ai plus faim. Désolé mais tu vas devoir te débrouiller sans moi. Maintenant si tu veux bien me laisser tranquille, je dois bosser.

Sur ces mots, Eric sortit du bureau très furieux et rentra directement chez lui à la maison. Il s’arrêta en chemin juste pour prendre un pain au raison et une canette de Sprite. Malgré que sa chambre soit climatisée, il sentait une chaleur qu’il ne pouvait expliquer. Le réveil le tira du lit et après une douche rapide, il reprit la direction du service. Il lui fallait tirer cette histoire au clair. Comment pouvait-elle penser qu’il s’amusait avec elle ?

Dès son arrivée au service, il allait directement dans le bureau d’Odette et s’assit.

  • Odette, je crois qu’il y a eu un malentendu entre nous ce matin. Tu ne m’as pas laissé le temps de parler. Alors je viens te dire ce que j’ai à dire. Car tu vois, c’est vrai que tu es belle. Et je t’apprécie beaucoup. Pour cela et pour rien au monde, je ne peux m’amuser avec toi. J’ai un sens profond du respect et je ne pense pas avoir eu un geste déplacé à ton égard depuis qu’on est collègue. Alors franchement, je ne sais pas ce que j’ai fait pour que tu me traites de la sorte. Tout ce que je voulais, c’était passer du temps en ta compagnie ce midi. Car je me sens différent quand je suis avec toi. Je me sens un autre homme.

Il était en pleine inspiration quand il remarqua que la jeune femme fondait en larmes et que le téléphone se mit à sonner. Elle se ressaisit, décrocha et après un petit silence raccrocha puis informa Eric que le Directeur avait besoin de lui.

Il s’en alla un peu furieux mais au moins soulagé d’avoir pu lui dire qu’il était sincère avec elle. Il entra dans le bureau du Directeur dès que la Secrétaire particulière de celui-ci lui avait ouvert la porte. C’était un homme grand et beau mais avec un ventre administratif, les lunettes perchées sur le bout des nez comme pour garder un œil sur son interlocuteur tout en lisant les documents posés sur sa table. Il avait l’habitude de ce bureau car il y était souvent convoqué pour donner son avis sur tel ou tel sujet. Mais ce soir, il sentit comme une ambiance de cellule d’interrogation de la police quand le Directeur l’invita à prendre place dans le canapé au lieu du fauteuil visiteur habituel. Il ne devait pas s’agir d’un sujet en relation avec le bureau. Etait-ce par rapport au remplacement de son chef à lui ? Ou y avait-il un autre sujet. Son cerveau tournait si vite qu’il ne s’était pas rendu compte que le directeur lui tendait la main. Il s’excusa et serra la main de celui-ci.

Une fois installé dans le canapé qui faisait dos à son bureau, le directeur le fixa longuement avant d’ajouter :

  • Eric, tu vas bien ?
  • Oui, Directeur
  • Entre nous ici, tu peux m’appeler Isaac. Cette discussion est un peu privée donc pas la peine de mettre un protocole.
  • Ok. Merci
  • Je sais que tu travailles beaucoup et que tout le monde t’apprécie. Moi d’ailleurs, en premier.
  • Merci
  • Mais tu vois, dans la vie, la responsabilité ne se vit pas qu’au bureau. C’est beaucoup plus agréable de travailler avec des gens quand on sait qu’ils sont engagés dans la vie et qu’ils savent s’occuper de leur famille. En d’autres termes, un homme marié fait une meilleure impression qu’un célibataire quand il occupe certaines fonctions. Tu vois de quoi je veux parler ?
  • Oui. Je vois. C’est juste que je n’ai pas encore trouvé la bonne personne.
  • Il le faut cher Eric. Sinon il me sera difficile de t’accorder le poste de ton directeur après son départ à la retraite.
  • J’espère trouver la femme idéale d’ici là.
  • Et puis pourquoi n’étais-tu pas à l’anniversaire d’Odette hier ? Tout le bureau y était sauf toi.
  • Quoi ? Quel anniversaire ?
  • Tu n’as pas lu tes mails ? Elle a bouclé un an avec nous hier. Tu sais bien que personne n’a eu une fête mais par rapport au travail qu’elle a rendu, les directeurs ont décidé de lui organiser un petit cocktail et aussi le bouquet de fleurs qui lui a été livré hier soir.
  • Oh mon Dieu ! Donc c’est pour cela qu’elle est en colère contre moi ?
  • Eric, elle est en colère contre toi ? Maintenant je comprends pourquoi elle ne cessait de se retourner à chaque fois que la porte du restaurant s’ouvrait. On dirait qu’elle attendait quelqu’un.
  • Ah bon ! Je ne crois pas que ce soit moi.
  • En tout cas, elle était sublime hier. Si je n’avais pas pris un coup de vieux, peut-être que j’aurais été tenté. En plus elle était très bonne danseuse. Elle m’a rappelé ma jeunesse. Bref, je ne te retiens plus longtemps. Passe un bon après-midi.

Maintenant qu’il savait la raison de sa colère, il eut honte. Comment allait-il faire pour se faire pardonner ? Tout le bureau y était. Sauf lui. Il était vraiment peiné. Etait-ce vrai qu’elle était sublime ? Dès qu’il s’est assis, il s’empressa de lui envoyer un skype : Acceptes-tu de dîner avec moi ce soir ?

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Chapitre 1

Suite Chapitre 1 et Début chapitre 2

Suite et fin Chapitre 2

Chapitre 3

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