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Graines de pensées...

Un matin pas comme les autres: Chapitre 5

8 Mars 2016 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société

Un matin pas comme les autres: Chapitre 5

Chapitre 5 : La réconciliation

Après avoir lu le message d’Eric, elle mit longtemps à réfléchir. Qu’avait-il l’intention de faire avec elle en l’invitant à dîner ? Etait-ce pour lui redemander la raison de sa colère ? Elle ne pouvait pas se permettre de se faire traiter de la sorte. Et si elle acceptait mais lui faisait faux bond en prétextant des douleurs au bas-ventre ? Ce serait sa revanche à elle et ils seront quittes si elle calcule bien. Elle répondit donc au moment d’éteindre son ordinateur par l’affirmative à l’invitation d’Eric qui sauta presque dans son bureau. On aurait dit qu’il avait passé le reste du temps à attendre que son message. Sans attendre trop longtemps, elle prit le combiné posé sur sa tablette et composa le numéro en interne d’Eric. Le cœur de ce dernier fit un bond quand il vit le nom affiché. Il décrocha en espérant qu’elle ne soit pas revenue sur sa décision.

  • Allo, oui Odette…
  • 20h.

Il n’avait même pas encore fini de parler quand elle coupa sèchement en disant vingt heures et sans ajouter un commentaire de plus, elle raccrocha, prit son sac à main griffé Dolce & Gabana puis se retrouva dans l’ascenseur. Avait-elle souri en parlant aussi sèchement ? Finalement était-ce une si bonne idée que cela de l’inviter ? Comment les choses se passeraient-elles ? Ruminant ses pensées, Eric ne se rendit pas compte qu’il était déjà dix-neuf heures et qu’il était encore au bureau. Il appuya juste sur le bouton de mise en veille, et se retrouva à conduire sa voiture comme un ivrogne. Il ne fallait surtout pas la faire attendre. Sinon son sort pourrait s’aggraver. Il savait qu’il pouvait compter sur ses talents d’excellent conducteur pour ne pas être en retard. Il gara la voiture au pied de l’immeuble et demanda à son agent de sécurité de s’occuper de l’entretien car il devait ressortir dans un quart d’heure. Ce dernier, espérant un geste de reconnaissance de son patron, passa rapidement l’aspirateur à l’intérieur pour se rassurer que c’était bien propre et arrosa la voiture avec des jets d’eau qui coulait abondamment d’un tuyau raccordé à la pompe. Il fit si vite qu’on aurait pensé à une station de lavage à sec de voiture express en quinze minutes. Il est évident qu’avec la propreté de la voiture, même le constructeur pense qu’elle venait de sortir de l’usine. Eric lui-même avait été impressionné. S’il avait un si bon agent, alors pourquoi devrait-il encore envoyer sa voiture à la station d’essence pour le lavage ? Il n’a pas longtemps réfléchi et tendit un billet neuf de cinq mille francs à l’agent qui le remercia en se courbant si bas qu’on dirait qu’il recevait de l’aumône.

Il était déjà habillé d’une jolie veste bleu cérémoniel et une chemise blanche bien propre en dessous. Mais il ne savait pas comment elle s’habillerait et donc décida de ne mettre la cravate qu’une fois arrivé chez elle. Il sonnait presque vingt heures quand il appuya sur la sonnerie du portail. Une petite voix lui parla à travers l’interphone et il déclina l’objet de sa présence. Ensuite un monsieur, probablement le gardien de nuit, lui ouvrit le portail et l’installa au salon principal. C’était un cadre cossu avec des meubles qui ressemblaient à ceux utilisés par les rois de France. Il y avait quelques œuvres d’art accrochées çà et là. Ce qui était frappant était leur disposition à la fois contre le mur et sur les meubles. Ce travail n’a pu être réalisé que par un expert et doit coûter une fortune. Le portrait du Président de la République aussi était parmi le lot. Ce n’était pas une photo comme on en trouve dans les bureaux mais plutôt une représentation peinte. Il était impressionné par l’humeur que dégageait le personnage et que l’artiste peintre avait réussie à capture sur sa toile. Tout était calme. On dirait que personne ne vivait ici. Il était encore là à contempler cette fois-ci un portrait d’Odette qu’il ne s’était pas rendu compte qu’elle se tenait juste derrière lui. Ce fût l’odeur du parfum de Nina Ricci qui attira son attention. Il se retourna et sursauta. Elle était là, devant lui. Son cœur se serra comme ce jour de la proclamation des résultats du Baccalauréat et commença à battre très rapidement. Pas besoin de stéthoscope pour s’en rendre compte puisque sa respiration devint légèrement bruyante.

Il ne rêvait pas. Elle était là, juste légèrement maquillée mais encore plus belle. Il avait eu raison de n’avoir pas mis de cravate car il se serait senti sûrement étouffé. Elle avait juste souri quand il s’était retourné mais là, le sourire était reparti et a laissé place à un visage qui ne laissait pas deviner les émotions. En effet, elle avait été envahie de bonheur de le voir debout devant le portrait qui lui avait été livré ce soir-là même. Il était le premier à le voir à part elle bien sûr. Même ses parents, qui n’étaient pas encore rentrés, n’ont pas encore eu cette chance. Elle était heureuse de savoir qu’elle devait lui faire de l’effet mais s’inquiétait aussi déjà. Et si c’était elle qui se faisait des films dans sa tête ? Et s’il regardait le tableau comme on regarde une œuvre d’art quelconque ? Et puis, elle avait prévu se venger de lui n’est-ce pas ? Alors pourquoi sourire ?

Il avança d’un pas, fit la référence et lui prit la main sur laquelle il déposa un léger baiser légèrement tiède.

  • Tu es magnifique
  • Merci. Tu es beau toi aussi. J’espère que je ne t’ai pas fait attendre
  • Non, pas du tout. Que ne ferait-on pas pour une jolie dame comme toi ?
  • J’en suis flattée. Où m’emmènes-tu ?
  • Une surprise.

Il lui ouvra non seulement la porte du salon mais aussi la portière de la voiture avant de s’installer. Il y jouait de la musique douce. Il ne démarra plus en trombe comme la veille mais plutôt avec délicatesse. Ils arrivèrent sur un parking d’un restaurant chic mais elle était surprise de constater qu’il n’y avait aucune voiture. Peut-être qu’ils étaient venus trop tôt par rapport aux autres citadins ? Elle le suivit dans le restaurant qui également était presque désert à l’exception des serveurs qui s’activaient comme si le restaurant était sur le point de fermer.

  • Excusez-moi Monsieur, j’ai réservé une table.
  • Au nom de Monsieur Eric, c’est bien cela ?
  • Oui, parfaitement.
  • Veuillez nous excuser Monsieur Eric, mais nous sommes vraiment navrés. Nous avons essayé de vous joindre sans succès pour vous informer que le Directeur Général a reçu l’instruction de réserver la salle pour une autorité. Nous dirigeons actuellement nos clients vers Le Gallien. Si vous voulez bien nous excuser…
  • Merci mais je voulais faire plaisir à madame car aujourd’hui était un jour spécial pour elle.

Puis se retournant vers Odette, il l’invita à le suivre dehors. Elle s’exécuta et eut envie de ne plus lui lâcher la main tellement elle se sentait bien collée à lui. Une fois dehors, elle se rendit compte qu’en lieu et place de la voiture d’Éric se trouvait plutôt une table bien dressée avec des couverts et des bougies. C’était joli et aurait fait une belle surprise pour un dîner romantique. Mais son sentiment était plutôt empreint de déception, car elle aurait aimée être assise à cette table avec Eric. Cette autorité devait vraiment bénéficier d’une intimité particulière pour que même la voiture d’Éric soit déplacée. Arrivés à hauteur de la table dressée, Eric la retint et d’un geste de gentleman tira légèrement sur une des chaises en l’invitant à s’asseoir.

  • Mais que fais-tu ? C’est une table réservée pour une autorité. On risque de créer des ennuis dit-elle à voix basse.
  • Ne t’en fais pas. On va juste essayer. A défaut de dîner, on peut au moins se consoler ou bien ?
  • Sur ce coup, tu as raison. Regarde comme c’est joli et romantique. Je n’ai jamais pensé que ce parking pourrait être changé comme ceci.
  • Eh bien, c’est pour toi qu’il a été changé en restaurant.
  • Quoi ? Je ne comprends pas. C’est une de tes blagues ?
  • Non. C’est moi qui ai réservé et le Chef a joué le jeu comme convenu.
  • Oh mon Dieu ! Tu as fait tout cela pour moi ?
  • Tu le mérites bien. Et j’espère que tu apprécies et qu’après ce dîner, je pourrai me faire pardonner pour avoir raté la réception d’hier.
  • On verra.

Ils parlèrent de tout et de rien tout en savourant allègrement le rôti d’agneau servi avec des pommes sautées précédée de la Salade d’avocat. Le dessert était fait de la crème renversée au caramel communément appelée gâteau flanc. Il se leva, fit le tour de la table, fit une petite révérence et l’invita à danser sur la douce chanson You are beautiful de James Blunt. Puis d’autres morceaux s’enchainèrent. Ils se collèrent d’avantage au point de ressembler à une seule personne. Sa main glissa le long de son dos pour s’arrêter au niveau de la taille et elle se cola d’avantage contre lui. Emportés par la chaleur qui montait en eux, ils ne purent s’empêcher de se laisser aller et échangèrent un tendre baiser comme deux amoureux qui ne s’étaient plus vus depuis un bon bout de temps. Ils recommencèrent encore et encore quand un raclement de gorge les ramena sur terre. C’était le Chef en personne qui s’était aventuré pour savoir s’ils avaient besoin d’autre chose. L’étreinte se desserra et ils se rendirent compte qu’il était presque vingt-trois heures. Il remercia le Chef et la prenant par la taille, ils quittèrent le parking. Ils étaient bien réconciliés mais avait-il prévu que les évènements prendraient une telle tournure ?

Que leur réserve l’avenir ?

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Commenter cet article

rabi 09/03/2016 20:30

A quand la suite ?

Martial 09/03/2016 21:39

Bientôt