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Graines de pensées...

Un Matin pas comme les autres: Chapitre 7

21 Mars 2016 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société

Village de Kpélébémé dans la Région des Plateuax au Togo
Village de Kpélébémé dans la Région des Plateuax au Togo

Chapitre 7 : Les présentations familiales

Le week-end ne fut pas ordinaire pour nos deux tourtereaux. Éric s’était bien rendu compte qu’Odette était encore vierge mais s’était débrouillée comme une experte. Elle avait été docile, soumise et ce fut magique. Il n’avait jamais ressenti une telle sensation. Il faut reconnaitre que les circonstances aussi ont beaucoup joué. Sur le chemin du retour, il repassait ces moments d’intimité dans sa tête et manqua même de cogner le poteau électrique se trouvant à quelques centimètres du garage en immobilisant sa voiture. Il monta les escaliers deux par deux comme un gamin qui découvrait une maison à étages et s’affaissa dans le canapé du salon. Il pouvait toujours sentir sa présence et avait l’impression d’être dans les bras d’Odette. Il s’endormi une fois encore et ne se réveilla qu’à la sonnerie du téléphone vers pratiquement minuit. Il n’avait même pas faim tellement il se sentait comblé. A moitié réveillé, il décrocha le téléphone. A peine eût-il dit « Allo » que la voix douce d’Odette lui murmura dans le combiné : « Éric, moi aussi je t’aime ». Puis elle raccrocha aussitôt.

De son côté, Odette avait paressé toute l’après-midi et n’écoutait que de la musique douce. Parfois elle se levait du lit pour esquisser quelques pas de danse de salon avec un cavalier imaginaire. Elle manga la tête dans les étoiles à tel point que son plat n’était dévoré qu’à moitié après qu’elle eut mis trop de sel sur son riz cantonais. La nuit a été douce. Elle avait appelé Éric parce qu’elle attendait son coup de fil pour lui chuchoter de bien dormir. Mais comme il n’appelait pas, elle a pris l’initiative. Elle s’était rendu compte qu’il dormait et n’avait donc pas voulu trop parler. Mais comme cela lui ferait plaisir d’entendre sa douce voix. Elle était sur le point de s’endormir quand un sms arriva. Elle l’ouvrit et remarqua qu’il était d’Éric.

  • Tu dors déjà ?
  • Non, chéri. Et désolé de t’avoir réveillé.
  • Je peux t’appeler ?
  • Je serai comblée.

Ils passèrent près d’une demi-heure à se dire de doux mots et à raconter chacun de son côté comment le reste de la journée s’était déroulé. Cette scène continua sur plusieurs semaines. C’était difficile au bureau car il leur arrivait d’avoir envie de s’embrasser, de se caresser mais ne le pouvait pas. On pouvait parfois sentir la nervosité d’Éric quand Odette souriait aux autres collègues. Il était hyper jaloux mais cachait bien son jeu sous couvert d’un compte qui ne dégageait pas un solde correct. Éric avait de plus en plus la pression car dans moins de six mois maintenant, son directeur partirait en retraite. Il était aussi convaincu que c’était Odette qu’il lui fallait. Certes il leur arrivait de se disputer à cause de certaines incompréhensions ou oublis à cause du boulot mais cela se réglait vite par un petit sourire d’Odette. C’était une de ses qualités : rester souriante même énervée. Et son sourire adoucissait la température. Éric parla d’Odette à sa famille à tel point que ses parents et frères et sœurs avaient l’impression de la connaitre déjà. Tant il était devenu bavard sur le sujet. Tantôt Odette par-ci, Odette par-là. Les parents étaient fiers de voir qu’une fille rendait heureux leur garçon aîné et qu’il allait s’engager pour donner l’exemple à ses frères encore à l’université grâce à lui.

Odette aussi mourait d’envie d’en parler à son papa mais n’osait pas car il était trop occupé ces derniers temps avec les rumeurs de remaniement ministériel. Elle réussit à mettre sa maman dans la confidence et devait trouver le moyen d’en parler aux autres membres de la famille. Un soir, alors qu’elle avait du mal à manger car ne pouvant plus garder ce sujet pour elle toute seule, posa sa fourchette et dit:

  • Papa je suis amoureuse

Son père failli avaler de travers le morceau d’agneau qu’il mangeait.

  • Ah bon ! Odette, tu es amoureuse ?
  • Oui papa.
  • Eh bien Félicitations ! J’espère qu’il a des ambitions politiques et qu’il est du bon côté hein.
  • Euh. Papa, il ne fait pas de la politique. C’est un mignon garçon, sympa et très adorable.
  • Je l’ai déjà vu une fois ?
  • C’est possible. Il est déjà venu à la maison une seule fois.
  • Ok. J’attends de le rencontrer alors. Si c’est vraiment du sérieux entre vous. Sinon, je te trouverai moi-même un mari.
  • Papa, tu vas l’adorer.

Elle avait réussi son coup. Faire passer le message à son père. Après tout, beaucoup de choses pour lesquelles les gens n’ont pas le temps peuvent se dire au cours d’un dîner au moment où celui qui doit écouter est là. Elle avait hâte d’en parler à Éric en espérant qu’il ne fasse pas une scène d’avoir informé les parents sans lui en avoir parlé. Et à ce sujet, elle fut prise d’inquiétude se rappelant la dernière phrase de son papa. C’est vrai qu’elle n’a jamais parlé de mariage avec Éric. Et s’il se sentait seulement bien avec elle mais n’était pas prêt à faire une demande en mariage ?

Elle repensait tout cela dans sa tête quand elle quitta la salle à manger. Sa maman, très observatrice, vint s’asseoir à côté d’elle et la serra très fort dans ses bras en lui disant : « Ma chérie, tu as grandi et je suis fière de toi. J’ai confiance que tout se passera bien. Éric est un gentil garçon ». C’était réconfortant d’entendre ces mots de la bouche de sa maman. Elle réussit à trouver le sommeil après une longue bataille contre l’insomnie et arriva au bureau en retard et fatiguée comme si elle avait participé à un marathon pendant la nuit. Un gros bouquet de roses l’attendait sur son bureau. Elle savait déjà que cela venait d’Éric. Elle prit la carte et il s’en est fallu de peu pour qu’elle coure rejoindre Éric dans son bureau pour l’embrasser. Il était écrit sur la carte avec l’écriture bien soignée d’Éric : « Veux-tu m’épouser ? ». Comment lui envoyer la réponse ?

Une heure plus tard, tout le bureau entendit Odette hurler : OUI MONSIEUR. Mais à qui parlait-elle ? Puisqu’il n’y avait personne dans le bureau, ni dans le couloir et qu’elle n’était pas non plus au téléphone. Une demi-heure plus tard, le même scénario se répéta. Éric s’avança à grands pas dans le couloir comme un taureau enragé. Tout le monde se disait intérieurement que ça chaufferait. Il ouvrit le bureau d’Odette et au lieu de gronder, posa un genou à terre et sorti une alliance qu’il lui passa au doigt. Tout le bureau était dans le couloir à applaudir. Ils avaient bien caché leur jeu. A cet instant, Odette compris qu’Éric voulait aller loin avec elle. Lui faire une demande en mariage devant tout le bureau, elle n’y avait jamais pensé. Après qu’ils s’échangèrent un petit baiser, tout le monde regagna son bureau sauf Éric resté dans celui d’Odette. Celle-ci lui annonça le dîner de présentation à sa famille et ils choisirent le samedi suivant pour l’organiser. Le week-end qui suivrait cette date, ils iraient dans la famille d’Éric.

Ce samedi, Éric arriva chez Odette avec deux bouteilles de vin blanc et un bouquet de fleurs pour sa future belle-mère si tout se passe bien. Il fut accueilli par la petite sœur qui était impressionnée de voir enfin le fameux Éric. Qu’est-ce qu’il était beau. Même les rapports de sa sœur ne décrivaient pas tous ces détails qu’elle voyait. Si seulement elle pouvait avoir elle aussi un homme comme lui... Elle l’installa dans le canapé puis disparu avec le bouquet qu’elle s’en alla remettre à sa maman qui descendait les marches de l’escalier telle une marquise. Elle le remercia de ce geste et confia le bouquet fait de fleurs fraichement cueillies à la servante qui s’empressa de les mettre dans un vase en ajoutant un peu d’eau. Peu de temps à près, toute la famille était au complet. Le père d’Odette paraissait moins imposant que dans les journaux de la place. La discussion s’engagea et tourna presque à un interrogatoire quand on vient leur annoncer que le dîner était servi. Sauvé par le gong dira plus tard Éric. Il avait réussi à faire bonne impression au père d’Odette qui lui lança une invitation à volonté.

Le week-end qui suivit, ils étaient dans le village d’Odette. Pour l’occasion, il avait loué une voiture 4x4 pour que le voyage soit plus agréable car la route n’était pas en si bon état que cela. Heureusement, il n’avait pas plu. Odette découvrit pour la première fois d’autres paysages de son pays. En effet, son existence s’était jusque-là limitée à la vie de la capitale et aux capitales européennes dans lesquelles elle passait ses vacances. Il y avait une alternance de terre rouge, de petits trous et de trous béants, d’une végétation verte, de champs étalés à perte de vue. Ils traversèrent plusieurs localités et Éric jouait au guide. Il était encore très mignon dans ce rôle. Le tout ressemblait à la scène du film Les Dieux sont tombés sur la tête. Ils arrivèrent enfin et elle découvrit un village charmant. L’air y était frais et pur. Elle fut accueillie comme une princesse avec beaucoup de soins. Ce qui la gênait un peu surtout quand les gens pliaient le genou pour la saluer. L’ambiance ici était beaucoup plus gaie que chez les parents d’Odette. Elle se sentit rapidement à l’aise comme chez elle. Éric passa à la présentation puis le repas fût partagé dans des couverts en terre cuite. C’était du fufu avec de la viande de lièvre. Elle mangea avec appétit. Ils y passèrent la nuit. Pour la première fois de sa vie, elle dormait sur une natte posée sur le sol avec quelques pagnes pliés soigneusement pour faire office de matelas. Ce n’était pas confortable mais elle devait le faire pour montrer à Éric qu’elle aimait tout ce qui se rapportait à lui. Elle se réveilla le lendemain avec des courbatures et Éric ne put s’empêcher de se moquer d’elle en lui promettant un massage dès son retour. Elle s’attendait à un petit déjeuner et fut surprise de voir que c’était la pâte de maïs et la sauce d’adémé qui était servie. Elle fit comme tout le monde et après avoir offert quelques présents aux parents d’Éric, ils reprirent le chemin de la ville.

Elle passa la nuit chez Éric en réclamant son massage qui ne mit pas beaucoup de temps à se transformer en séance de jambes en l’air. Elle se laissa pénétrer par son homme et refusa même qu’il se retire après que ce dernier lui eut inondé l’intérieur du sexe avec son sperme. Elle changea de position pour se retrouver allongée sur Éric puis elle s’endormit. Éric lui caressa longuement le dos avant de se laisser emporter par le sommeil lui aussi. Le lendemain, quand elle rentra à la maison, elle surprit sa petite sœur au téléphone entrain de murmurer à quelqu’un : « Éric, je t’aime ».

Son cœur ne fit qu’un bond dans sa poitrine. De quel Éric il s’agissait ? De son Éric ? Sa petite sœur serait-elle en train de tomber amoureuse de son fiancé ?

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rabi 21/03/2016 22:47

Hum la petite soeur.?
.... Hum