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Graines de pensées...

56 ans d'indépendance: Et puis...?

26 Avril 2016 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Découverte du Togo, #Vie en Société

56 ans d'indépendance: Et puis...?

27 AVRIL 1960, une voix, celle de Feu Sylvanus OLYMPIO déclamera presque comme un cri de libération un poème commençant par la célèbre phrase : « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue mais le jour vient…Peuple togolais, libre à jamais, affranchi de toute servitude, te voilà à présent libre… ». En effet, c’était l’aboutissement d’une lutte pour réclamer le droit du peuple togolais à prendre en mains son propre destin sur son propre territoire. Une liberté confisquée par des colonisateurs qui, malgré avoir reconnu les dérives continuent néanmoins d’asseoir leur influence dans les moindres décisions de nos dirigeants.

Mais après 56 ans de cette indépendance, nous constatons que l’élan observé ce 27 avril 1960 n’a pas réellement pris son envol. Quelques faits importants : le coup d’Etat du 13 janvier 1963 avec l’assassinat de Feu Sylvanus OLYMPIO (27 avril 1960 - 13 janvier 1967), la prise du pouvoir de Feu Eyadéma GNASSINGBE (14 avril 1967 – 05 février 2005) avec entre-temps la présidence des sieurs Emmanuel BODJOLLE (13 janvier 1963 – 16 janvier 1963), Nicolas GRUNITZKY (16 janvier 1963 – 13 janvier 1967) et Kleber DADJO (14 janvier 1967 – 14 avril 1967, la Conférence Nationale de 1991, la Constitution de 1992 adoptée par referendum, la promesse de Feu Eyadéma en 1998 en présence de Mr Jacques CHIRAC de ne plus se représenter mais qui le fit en 2003 après avoir pris soin de modifier sinon toiletter cette chère constitution, la prise du pouvoir par Mr Faure GNASSINGBE (05 février 2005-25 février 2005) avant son élection très controversée le 14 mai 2005 et ses réélections jusqu’à ce jour. Il est important de ne pas oublier l’intérim de Mr Abbas BONFOH (25 février 2005 – 14 mai 2005).

Mais tout cela est déjà bien loin derrière. Ce qui importe maintenant, c’est le présent et le futur. Je n’arrive tout simplement pas à comprendre comment fonctionne ce pays, mon pays, notre pays. C’est aussi un peu le cas de bien d’autres pays passés par le joug colonial de la France mais je me dis aussi que nous ne sommes pas obligés de faire aussi médiocre vu qu’il y a de l’évolution au moins chez les autres : alternance politique, transparence dans les comptes (à peu près), liberté d’opinion et de débat politique. Rien de ce que j’écris ici ne changera les choses du jour au lendemain. Mais comme on le dit, un peuple mérite le dirigeant qu’il lui faut. Mais un dirigeant doit avoir le souci du bien-être du peuple.

Voir aujourd’hui le verre à moitié vide à cause de tous ces manquements serait injuste. Il faut reconnaitre que notre pays a été suspendu de la coopération internationale pendant près de 20 ans mais a su se débrouiller pas mal. Et avec la reprise, cela devrait être encore plus rapide. Certes nous sommes sur la voie mais il nous faut éliminer la corruption, les coups tordus, les copinages avec la médiocrité, l’avarice, la confiscation des voix des citoyens au profit d’une minorité qui s’accapare les ressources de ce petit pays qui peut même être entièrement construit et développé en moins de 1à ans s’il y a de la volonté politique. Nous devons changer de façon de penser, que ce soit les politiques comme les citoyens ordinaires, accepter le différence d’opinion politique, le débat contradictoire, la retransmission des débats à l’Assemblée Nationale, la fin des cumuls de fonction et de postes, la transparence dans la tenue des comptes de l’Etat, la publication des comptes et tout ce qui se fait d’ordinaire dans un pays normal.

Au niveau des citoyens, il doit y avoir une participation active à la vie de la nation, un respect des symboles de l’Etat, un respect des infrastructures construites ces dernières années, une dénonciation active des fraudes (par voie pacifique et légales) et des versements de pots de vin et que sais-je encore. Chaque citoyen doit vouloir le bien de son pays. Je sais qu’en tant que citoyens, nous avons assez souffert mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras et continuer dans la même lancée que nos dirigeants. Nous avons le pouvoir de changer ce pays et nous y arriverons si nous croyons vraiment. Ce n’est de cette façon que nous bâtirons vraiment l’or de l’humanité. Nous n’avons pas besoin de ces inaugurations en fanfares uniquement lors des veilles de célébration de la fête de l’indépendance. Même s’il y a une fierté qui se dégage de ces réalisations. Ce dont nous avons pour les années à venir doit être la création d’une relation particulière entre le peuple et les dirigeants, une communication sur les différents projets du gouvernement, une implication des citoyens dans les prises de décision, une meilleure prise de conscience de l’opposition qui jusqu’à ce jour ne sait pas faire des compromis (peut-être qu’ils ont honte de voir les autres avancer et prendre le dessus sur l’influence qu’ils ont sur les citoyens avides de changement), une ouverture du parti au pouvoir à vraiment gouverner avec l’opposition… Les discours sont bons et les actes meilleurs. Puisse les actions énoncées dans le DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE toucher vraiment chaque couche de la population plutôt que les proches du parti ou pouvoir uniquement même si une partie sonne creuse. En passant, le chef de file de l’opposition a fait un discours ? Je pense qu’il doit lui aussi s’adresser quand même au peuple par rapport à son rang. Bref c’est ma façon de voir.

Je formulerai tellement de vœux à mon cher pays en ce jour que je vous invite à faire pareil et à prendre de meilleures résolutions pour faire changer nos mentalités. Nous devons soutenir les efforts des uns et des autres, peu importe leur appartenance politique ou religieuse ou ethnique car ce qui nous reste à tous, c’est la Terre de nos Aïeux.

Togolais viens, bâtissons la Cité ! Et que Dieu bénisse le Togo.

Joyeuse fête de l’Indépendance.

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