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Graines de pensées...

2017: Défis pour les compagnies aériennes africaines

5 Janvier 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Gestion-Finances-Marketing, #Vie en Société, #Voyages-Tourisme

2017: Défis pour les compagnies aériennes africaines

PLEASE, ENGLISH VERSION AT THE END.

 

Ce n’est plus un secret de polichinelle. Les Compagnies Aériennes Africaines ne font pas de bénéfices à l’exception d’Ethiopian Airlines. Certes en 2015, la Compagnie ASKY basée à Lomé aussi a réalisé des bénéfices. Qu’en est-il de l’exercice 2016 ? Peut-être trop tôt pour le savoir. Mais déjà 2017 a commencé. Quels sont les défis auxquels les Compagnies aériennes africaines doivent-elles faire face ? Pour ne citer que quelques défis, je dirai :

  1. La maitrise des coûts : s’il existe un domaine dans lequel les compagnies africaines sont encore négligentes, il s’agit bien du contrôle des dépenses. En effet, si certaines charges ne sont pas sous-contrôle parce qu’imposées par des sociétés sous-traitant les services aéroportuaires en situation de monopole, il existe bien des charges que la Compagnie génère par sa façon de vivre. Le programme de vols étant le déclencheur des dépenses, il est important de s’assurer que de par sa position géographique, on offre le service le mieux approprié plutôt que de faire du copier-coller sur la compétition. Le choix de la flotte aussi est déterminant et doit répondre aux besoins des marchés ciblés. Car il faut penser aux pilotes (sont-ils disponibles sur le marché de l’emploi ? Et dans quelles conditions ?), à la maintenance (existe-t-il des compagnies de maintenance proches de ma base ou dois-je tout le temps faire partir mes avions en Europe pour leur maintenance ?) et j’en passe.
  2. L’analyse de la demande : s’il y a un élément qui motive le programme de vol ou le produit, c’est bel et bien la demande en face. On offre un service pour répondre à un besoin. Il est temps pour les compagnies africaines (à mon humble avis) de cesser d’opérer sur des marchés non rentables juste pour l’honneur d’être cité parmi les compagnies qui opèrent le plus large réseau. Certes, le réseau crée parfois sa demande, mais cela n’est pas évident dans tous les cas surtout si une analyse profonde n’a pas été menée comme il se doit. Il faut donc pratiquer la politique du juste prix face aux coûts réels.
  3. Le comportement du passager : le passager africain est très difficile envers les compagnies africaines qu’envers les compagnies européennes ou étrangères. D’aucuns diront qu’ils sont simplement exigeants mais pourquoi ne le sont-ils pas envers les autres compagnies ? Certaines compagnies (surtout celles qui vivent des subventions de l’Etat) doivent commencer par rationaliser les services offerts à moindre coût car elles finissent toujours par faire faillite. Les exemples sont nombreux.
  4. L’attitude des agences de voyage : elle est évidemment influencée par le comportement du passager qui recherche le billet le moins cher possible. Mais une agence doit aussi savoir conseiller le passager et lui proposer plutôt ce qu’il y a de mieux. L’agence de voyage doit donc se positionner comme le courtier qui rend service à la fois aux passagers et aux compagnies aériennes.
  5. Le développement des solutions IT : Les compagnies africaines sont encore à la traine dans ce domaine où presque tout est numérique avec les compagnies internationales (l’enregistrement en ligne, l’émission des billets, etc…).
  6. Le volet sécuritaire : il y a de moins en moins des accidents sur le continent mais la conformité de beaucoup de compagnies aux normes minimales de sécurité pose encore problème.
  7. L’environnement : c’est un facteur très délicat qui peut changer les prévisions. Il peut être favorable (boom économique, accroissement des investissements, les élections, les compétitions sportives…) comme défavorable (la météo, les conflits armés, les élections avec violence, les soulèvements populaires…). Ce sont des évènements incontrôlables et les compagnies africaines doivent apprendre à s’adapter.

D’autres défis sont la qualité de service, la ponctualité, les accords de coopération avec les autres compagnies même concurrentes… Ce sont juste quelques pistes de réflexion. Ce qui est bon pour la Compagnie X ne sera pas forcément bon pour la Compagnie Y. Il appartient donc à chacun de faire une analyse Forces-Faiblesses-Opportunités-Menaces (FFOM) pour adopter la meilleure stratégie.

Bonne année 2017 à toutes les compagnies aériennes.

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ENGLISH VERSION

 

It is no longer a secret of Punch. The African Airlines do not make any profit except for Ethiopian Airlines. Certainly in 2015, the company ASKY based in Lomé also made profits. What about 2016? Maybe too early to find out. But already 2017 began. What are the challenges African Airlines will manage? To mention just a few challenges, I will say :

  1. Cost control: if there is an area where African companies are still negligent, this is the control of spending money. Indeed, if some expenses are not under control because imposed by companies subcontracting the airport services in a monopoly situation, there are many expenses that the Company generates by its way of life. Since the flight schedule is the trigger for costs, it is important to ensure that, due to its geographical position, the airline offers the most appropriate service rather than copying and pasting on the competition. The choice of the fleet is also decisive and must meet the needs of the targeted markets. Because of the planning about the pilots (are they available on the job market, and under what conditions?), Maintenance (are there maintenance companies close to my base or do I have all the time ferry empty my planes in Europe for their maintenance?) And so on.
  2. Analysis of demand: if there is an element that motivates the flight program or the product, it is indeed the demand in the market. We offer a service to meet a need. It is time for African companies (in my humble opinion) to stop operating in unprofitable markets just for the honor of being named among the companies that operate the largest network. Of course, the network sometimes creates its own demand, but this is not evident in all cases, especially if a thorough analysis has not been carried out properly. It is therefore necessary to practice the policy of fair prices versus real costs.
  3. The behavior of the passenger: the African passenger is very difficult to the African companies than to the European or foreign companies. Some will say that they are simply demanding but why are they not so with foreign airlines? Some companies (especially those that are subsidized by the state) must start by streamlining the services offered at a lower cost because they always end up bankrupt. There are many cases.
  4. The attitude of the travel agencies: it is obviously influenced by the behavior of the passenger who is looking for the cheapest ticket possible. But an agency must also know how to advise the passenger and offer him what is best. The travel agency must therefore position itself as the broker who serves both passengers and airlines.
  5. The development of IT solutions: African companies are still lagging behind in this field where almost everything is digital with international companies (online registration, ticketing, etc.).
  6. The safety aspect: there are less and less accidents on the continent but the compliance of many companies with the minimum safety standards is still problematic.
  7. Environment: it is a very delicate factor that can change forecasts. It can be favorable (economic boom, increased investment, elections, sports competitions ...) as unfavorable (weather, armed conflicts, elections with violence, popular uprisings ...). They are uncontrollable events and African companies must learn to adapt.

Other challenges are quality of service, punctuality, commercial cooperation agreements with other airlines even with competitors ... These are just some ideas. What is good for Company X will not necessarily be good for Company Y. It is therefore up to each airline to do a Strengths-Weaknesses-Opportunities-Threats (SWOT) analysis to adopt the best strategy.

Happy New Year 2017 to all airlines.

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