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Graines de pensées...

Akofa, un destin capricieux - Chapitre 1

20 Janvier 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société, #Découverte du Togo

Akofa, un destin capricieux - Chapitre 1

CHAPITRE 1

 

Il sonnait déjà 22h30 mais elle était encore debout à profiter de l’air frais au balcon de son appartement dans cette petite banlieue de la capitale. Une petite ville située en bordure de mer et qui voyait défiler de nombreux touristes pour la plupart européens qui fuyaient le rude hiver de cette année. Mais en réalité, l’air en cette soirée était plus frais que d’habitude car on était en plein harmattan. Cela faisait bien longtemps que pareille fraicheur n’avait fait son apparition tellement une anomalie climatique sévissait depuis des années. Conséquence directe du réchauffement de la planète ? Elle ne saurait le dire car elle laisse ce travail aux experts météorologiques pour se concentrer sur ce qu’elle ferait demain. Akofa, puisqu’il s’agit d’elle, était mère célibataire. Elle avait une fille depuis maintenant deux ans. Elle était toujours debout entrain de rêvasser quand soudain elle entendit la voix à demi endormie de sa petite fille Faith l’appeler. Elle prit soin de pousser un léger soupir avant de se retourner. Elle aurait tellement aimé profiter encore un peu de cet air pur mais devait aussi s’occuper de son adorable fille qui attendait qu’elle lui lise une histoire comme elle seule sait le faire avant qu’elle ne s’endorme.

Elle coucha Faith et commença par lui raconter une histoire différente de celles qu’elle avait l’habitude de lui conter car n’existant dans aucun livre d’histoires pour enfants.

« Il était une fois, une jolie petite princesse qui aimait sortir s’amuser avec ses amis malgré les interdictions répétées de son père qui estimait qu’une princesse de son rang ne pouvait pas se permettre de faire de telles choses au lieu d’apprendre à jouer au rôle qu’elle serait appelée à jouer quand elle aura atteint la majorité et épousé un riche prince d’un royaume voisin et ami. La petite princesse s’excusait toujours quand son papa le roi piquait ses crises de colère mais retournait immédiatement s’amuser dès qu’il eut le dos tourné pour s’occuper des affaires du royaume. Puis un jour alors qu’elle venait de souffler sa dix-septième bougie, elle rencontra un jeune homme, beau et bien musclé mais appartenant à une famille ordinaire du royaume. Elle ne pouvait s’empêcher de se renseigner sur lui et de faire tout son possible pour passer du temps avec lui. Elle avait même fait preuve d’ingéniosité en se déguisant en une servante afin de pouvoir l’approcher sans problème. A chacune de leur rendez-vous, elle lui offrait soit une pomme soigneusement sélectionnée sur le dessert de la famille royale ou un gâteau au chocolat méticuleusement préparé par sa maman la Reine. Mais comme le dit un adage, la vérité est têtue et finit toujours par sortir. Le Roi entra dans une colère noire en apprenant les agissements de la princesse et ordonna aux gardes du palais de ne plus la laisser sans surveillance. Mais quelle ne fut pas la déception du roi de découvrir que la princesse avait quitté clandestinement le château en se déguisant comme à son habitude et en laissant un message d’adieu. Elle était amoureuse et ne pouvait pas se marier avec un autre homme que son bel homme de la ville basse. Le roi affligé tomba dans une dépression profonde et ne mangeait plus au point de tomber malade et d’être à l’agonie. Tout le royaume était triste de voir leur roi dans un tel état et se mit à la recherche de la princesse. C’est ainsi que prise de pitié pour son papa qui l’aimait énormément, elle avoua à son petit ami sa réelle identité. La récompense promise par la reine sa mère était le mariage avec celui qui ramènera la princesse au palais. Si c’est une fille qui la retrouvait, elle aura l’autorisation de vivre au palais avec sa famille. Le garçon fut surpris de cette découverte et décida de la raccompagner selon son vœu auprès de ses parents. Après tout, les deux seraient gagnants car ils pouvaient se marier sans problème suivant la parole de la reine. Mais avant de prendre la route au petit matin, ils s’unirent tendrement à la belle étoile. Comme prévu, ils rentrèrent dès le lendemain et une fête fut organisée au palais. Le roi retrouva toutes ses forces et promis à sa fille de ne plus l’obliger contre sa volonté mais avant de donner sa main au jeune garçon, il lui demanda pardon. Personne ne se doutait que cette nuit allait être la dernière que le roi allait passer avec eux. En effet, la longue maladie a rongé le roi à tel point que la fête donnée à l’occasion du retour de la princesse l’acheva. Au matin, les cloches avaient réveillé tout le palais et la ville basse. Le roi n’était plus. Il avait rejoint les ancêtres pendant la nuit. La princesse n’ayant pas encore atteint la majorité, c’était sa mère la Reine qui prit en charge les affaires du Royaume. Quelques mois plus tard, la princesse se rendit compte qu’elle attendait un bébé alors qu’elle ne serait mariée qu’après avoir atteint ses dix-huit lunes. Pour éviter la honte à sa famille, elle ne sortait plus de chez elle jusqu’à donner naissance à une jolie fille. ».

Puis elle entendit un bâillement et se rendit compte que Faith venait de s’endormir. A vrai dire, elle était soulagée car elle était à court d’idées pour continuer cette histoire qui était la sienne et de Faith sauf que son papa à elle n’était pas un Roi et elle ne vivait pas dans un château. C’est vrai que certains détails ne sont pas vraiment réels mais elle aurait aimé tant retourner dans le passé et corriger certaines choses mais en même temps, elle ne pouvait s’empêcher d’aimer ce petit bout de choux à qui elle a donné naissance et qui lui procure aujourd’hui autant de joie. C’est vrai que ce n’est pas facile d’élever une fille de nos jours en étant orpheline de père et en ayant pour seul soutien que sa maman, revendeuse au grand marché de la ville. Elle-même avait été obligée d’arrêter ses études et acceptait de petits boulots pour aider à l’entretien de la maison. Elle venait encore de trouver un autre emploi, un contrat à durée déterminée de six mois et devait commencer le lendemain. Elle regarda dans la montre et fut surprise de voir qu’il ne restait plus que six coups d’horloge pour que le soleil se lève. Elle se jeta dans son lit et s’endormit aussitôt. Le réveil ne fut pas difficile car en réalité, elle n’avait pas vraiment fermé les yeux. Juste qu’elle se sentait fatiguée pour n’avoir pas dormi. Après tout, il vaut mieux regarder devant soi que de se retourner sur l'endroit où l'on a trébuché. Elle prit une douche rapide et passa au moins une bonne demi-heure devant sa garde-robe ne sachant pas quoi mettre. Elle voulait paraître belle comme à son habitude mais aussi simple car elle détestait ressembler à ces poupées qu’on rencontre de nos jours avec du maquillage à outrance. Elle finit par choisir une robe noire à pois blanc, passa légèrement la poudre sur son visage et un brillant sur ses lèvres. Elle avait pour habitude de ne jamais mettre du rouge à lèvres déjà que les siennes étaient roses. Elle fit une bise à Faith toujours endormie, donna une autre à sa maman sur qui elle pouvait compter, et enfourcha sa moto.

Pourquoi avait-elle le trac pour ce boulot ? Elle était pourtant habituée à jouer aux hôtesses d’accueil pour de grands événements et n’avait jamais eu les jambes lourdes. Mais depuis qu’elle descendit de sa moto pour se diriger vers le hall de la réception, elle avait l’impression qu’un regard bizarre pesait sur ses mollets. Tant bien que mal, elle arriva à avaler les marches de l’escalier principal et interrogea les vigiles postés à l’entrée. C’était un bâtiment imposant même s’il était un peu vieux. Car à l’époque de sa construction, c’était un joyau architectural. Depuis sa terrasse à la maison, elle pouvait l’admirer mais ne pouvait pas imaginer qu’un jour elle aurait à travailler dans l’immeuble. Elle avait déniché ce boulot grâce à la connaissance d’un ami qui devait trouver en urgence une standardiste puisque celle qui occupait le poste venait de démissionner sans préavis. Elle savait juste qu’elle avait rendez-vous avec Monsieur Yves de la Direction de l’Administration du Personnel. Etait-ce lui le Directeur ? Elle n’en a aucune idée. Elle espérait juste faire bonne impression. Au moins elle pourrait économiser pendant six mois et trouver le nécessaire pour inscrire sa fille au jardin d’enfants à la prochaine rentrée. Elle reçut un badge visiteur et prit l’ascenseur jusqu’au septième étage. Elle se renseigna et fut dirigée vers le bureau 715 presque au fond du couloir. Elle frappa un léger coup et ouvrit la porte. Une dame imposante se trouvait assise devant un vieil ordinateur, les lunettes perchées sur le bout du nez. A peine eut-elle dit bonjour que d’un ton sévère comme si elle gênait, la dame répliqua :

  • Oui que puis-je pour vous ?

 

à suivre...

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