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Graines de pensées...

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 2

27 Janvier 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société, #Découverte du Togo

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 2

Une semaine s’était déjà écoulée. Akofa avait réussi à s’intégrer rapidement à cette équipe et espère qu’à la fin, elle aura une opportunité afin d’y rester pour un emploi permanent. Mais il y avait une énigme qu’elle n’avait pas encore résolue : Yves. Pour l’instant, il se comportait en vrai gentleman et de façon professionnelle. Peut-être que finalement elle se faisait des idées même si au fond d’elle, une petite voix disait de creuser. Elle entreprit alors de faire des recherches sur cet homme si séduisant mais mystérieux à la fois. Avec un sourire permanent sur le visage, il était difficile de deviner si tout allait vraiment bien ou si c’était un masque pour cacher un chagrin ou une peine. Elle-même savait s’y prendre pour que les gens ne fouinent pas dans sa vie en gardant toujours le sourire malgré les difficultés et les peines qu’elle vit tous les jours.

A la fin de la deuxième semaine, il fut organisé au boulot une soirée détente communément appelée afterwork. Elle reçut le courrier d’information. Devait-elle y participer ? Elle devait vérifier l’état de ses finances car même si elle était tentée, elle ne pouvait pas se permettre certaines choses. Elle était encore là à réfléchir quand le téléphone sonna.

  • Allô
  • Bonjour Miss. Comment vastu en cette fin de matinée ?
  • Je vais bien. Merci
  • Tu as vu le mail pour la soirée d’aujourd’hui ?
  • Oui.
  • Parfait alors. On se voit ce soir donc.
  • Euh…
  • C’est moi qui invite et je parie qu’une belle dame comme toi ne peut pas refuser l’invitation d’un bel homme comme moi. Alors faistoi toute belle.

Elle n’eut même pas le temps d’insister qu’il raccrocha le téléphone. Elle posa le combiné, essaya plusieurs fois le numéro en interne d’Yves sans succès. Elle apprit par la suite qu’il était en réunion. Donc il avait appelé depuis là-bas. Vraiment le salaud, il a réussi à l’avoir. Bref, ce serait le premier afterwork après son arrivée. Devait-elle vraiment refuser ? Et si elle profitait de cette soirée pour mieux connaître Yves ? Sûrement qu’il baissera la garde et elle pourra ajouter beaucoup d’éléments à sa fiche de renseignements.

Elle passa un coup de fil à la maison pour avertir sa maman qu’elle rentrerait tard. A la sortie du boulot, presque tous se sont retrouvés à la terrasse d’un hôtel qui venait d’ouvrir. L’endroit était charmant. La lumière était tamisée et du gazon artificiel avait été posé pour donner l’impression d’être dans un jardin féérique. Depuis la rambarde, on pouvait regarder la piscine au rez-de-chaussée. L’architecture était différente de tout ce qu’elle avait l’habitude de voir. Au menu, des grillades, des pommes frites, de l’apéritif et du vin. Elle ne supportait pas l’alcool et donc ne toucha à aucun apéritif. Par contre, elle put déguster du vin rosé posé sur l’une des tables. Juste un seul verre. Car elle se doit de rester lucide pour accomplir sa mission de collecte d’informations. Elle était arrivée cinq minutes avant Yves. Celui-ci se présenta dans un jean pantalon et un t-shirt qui dessinait à la perfection son torse. C’est vrai qu’elle l’a toujours vu en costume et cravate et trouvé qu’il était mignon. Mais là, il ressemblait plutôt à un dieu. Elle manqua d’avaler une gorgée de vin de travers quand celui-ci lui adressa un joli sourire. Qu’avait-il en tête ? Savait-il qu’il lui faisait de l’effet ? Et puis, elle-même avait quoi au juste ? Cela fait à peine deux semaines qu’elle l’a rencontré et elle passait tout son temps à penser à lui. Non. Cela ne pouvait pas être vrai. Elle devait être en train de rêver. Pour se rassurer, elle se pinça le bras et ressentit une légère douleur. Donc elle ne rêvait pas.

Il y avait quelques canapés mais le concept était surtout de rester debout et circuler librement autour du buffet et des tables rondes surélevées. Elle se dirigea vers l’une des tables rondes quand Yves s’approcha et l’invita à danser.

  • C’est quoi ? On danse aussi ?
  • Oui. C’est la tradition quand nous avons un nouvel employé. Le premier afterwork sert de bizutage en quelque sorte. Et le nouveau venu doit accorder une danse à la première personne qui en fait la demande.
  • Mais pourquoi tu ne m’as rien dit ? Je ne crois pas pouvoir danser parmi ces gens. Du moins, je ne peux pas ouvrir le bal.
  • Je crois que tu me mets dans une situation un peu embarrassante. Car les gens nous regardent et je risque de paraître ridicule si tu refusais de m’accorder la danse.
  • Oh mon Dieu ! Ok. Mais juste une seule danse.

Il lui prit la main et au moment de monter sur la piste qu’elle n’avait pas remarquée à son arrivée, le DJ envoya une salsa. Elle n’en revenait pas. Yves était très bon danseur. Heureusement qu’elle faisait partie d’un groupe de danse et maitrisait ce genre de style. Elle se sentit tout à coup très bien car cela faisait longtemps qu’elle avait dansé avec autant d’appétit. Tous les collègues étaient restés figés comme s’ils avaient en face d’eux des compétiteurs qu’il ne fallait surtout pas déranger. La touche finale était digne d’experts en la matière. A la fin, ce fut des acclamations qui les raccompagnèrent vers l’une des tables. Elle pouvait entendre des bravos.

  • Merci pour la danse. Ce fut Yves qui venait de briser le silence.
  • Je t’en prie. C’est toi que je remercie. Tu danses divinement bien
  • Pas plus que toi. On dirait que tu es la déesse de la danse.
  • Elle existe ?
  • Si elle existe, alors je l’ai en face de moi. Et si tu me parlais un peu de toi ?
  • Qu’estce que tu veux savoir et que tu ne sais pas encore ?
  • Tout, absolument tout.
  • Eh bien, dans ce cas, tu n’as qu’à relire mon CV.
  • Hum. Là je reconnais bien mon Akofa adorée.
  • Ton quoi ?
  • Oui mon Akofa chérie. Tu ne te rappelles pas de moi ?
  • A vrai dire, non. Je sais que ton visage ne m’est pas si étranger que cela mais je ne sais plus vraiment où.
  • Je vais te donner des indices mais une indice correspondant à une soirée en tête à tête. Si tu es d’accord, alors je me lance.
  • Une soirée en tête à tête ? hum.
  • Alors ?
  • Ok. J’accepte. Et tu as intérêt à donner un indice solide sinon ce sera une demisoirée.
  • Comment sauraije que c’est un indice solide ou pas ?
  • Si elle me permet de me retrouver au premier coup, alors c’est solide. Sinon tu connais déjà la suite.
  • Pinoc.
  • Quoi ? Pinoc ? Pinocchio ?
  • Oui
  • C’est une blague ? Dismoi que ce n’est pas vrai.
  • Si, je suis sérieux.
  • Oh mon Dieu ! Comme tu as changé. Mais cela fait un sacré bail. Cela doit faire quinze ans si j’ai bonne mémoire.
  • Oui, quinze ans exactement. Tu as bonne mémoire.
  • Hum.

 

Qui est donc cet Yves appelé Pinocchio il y a de cela quinze ans ? Affaire à suivre dans la prochaine parution.

Pour ceux qui avaient raté le début, lire le Chapitre 1, La Suite et la Fin.

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