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Graines de pensées...

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 4 - Le début

7 Février 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société, #Découverte du Togo

Plage de Kodjoviakopé un vendredi soir

Plage de Kodjoviakopé un vendredi soir

Alexandre était un garçon charmant. Celui dont rêvent les jeunes adolescentes en quête de l’amour parfait. Il avait tout ce dont une jeune fille avait besoin : le charme et l’argent. Il était issu d’une famille riche et avait une petite sœur. Il n’était pas le garçon le plus intelligent de la classe mais avait toujours de très bonnes moyennes. Malgré le fait qu’il disposait de plus de moyens et d’outils que les autres, que ce soit au lycée ou à l’université, il se comportait comme un garçon normal et n’étalait pas la richesse de ses parents comme certains avaient l’habitude de le faire. Il ne fréquentait pas non plus le club des petits friqués de la faculté qui ne voulaient en aucun cas se mélanger avec les autres et qui n’hésitaient pas à trouver des occasions de se moquer des gens. Sa passion était le basketball. Il le pratiquait pour partager des moments de détente et de rigolade avec ses amis. Certains même le surnommaient parfois Kevin Durant, d’autres le comparaissaient à Lebron James. Mais lui restait toujours modeste en disant que c’étaient des dieux du basket ceux-là.

Alexandre avait connu Akofa pendant la période des inscriptions au campus. Ce matin qui avait une apparence bizarre ne ressemblant ni à un matin d’harmattan, ni à un matin de pluie, Alexandre était arrivé devant le bâtiment des inscriptions des nouveaux étudiants. Il avait l’ambition de faire carrière en médecine. Il devait rencontrer un certain Monsieur Charles suivant les instructions de son père. D’ailleurs, ce matin, c’était le chauffeur du bureau de son père qui était venu le descendre et attendait de le ramener chez lui. Le dépôt de son dossier allait prendre à peine un quart d’heure puisqu’il était certain qu’il ne ferait pas la longue queue qu’il observait. Quand il se renseigna, il remarqua qu’il y avait une rangée de trente nouveaux bacheliers qui faisaient la queue pour déposer leur dossier dans le bureau de Monsieur Charles. Il se sentait un peu mal de bénéficier du coup de fil de son père et se demandait s’il fallait avertir Monsieur Charles ou attendre comme les autres. Il choisit la deuxième option mais après que le premier étudiant eut passé une bonne dizaine de minutes avant de sortir, il se résolut à changer d’option. Il sonnait déjà neuf heures du matin. Il s’approcha d’une demoiselle qui avait l’air de souffrir le martyr sous cette chaleur accablante comme quand on attendait la pluie qui se faisait désirer. Il toussa légèrement pour attirer son attention et lui demanda :

  • Bonjour, excusezmoi. C’est ici le bureau de Monsieur Charles ?
  • Oui. En tout cas, suivant ce que le vigile nous a dit.
  • Donc c’est pour le voir aussi ?
  • Oui. Comme tout ce monde. Mais ma foi, tout ceci avance aussi rapidement qu’un escargot sait le faire.
  • Vous êtes là depuis combien de temps ?
  • Depuis six heures et demie. Mais c’était sans compter sur la témérité de ceux qui étaient là avant moi.
  • Oh mon Dieu.
  • Vous aussi c’est pour déposer un dossier ?
  • Non. Je dois lui faire une commission. Beaucoup de courage et merci beaucoup. Si ce n’est pas indiscret, c’est madame ?
  • Madame ? Je ne comprends pas
  • Moi c’est Alexandre.
  • Ah ! Autant pour moi. Akofa. Mademoiselle Akofa.
  • Enchanté.

Son téléphone sonna et c’était le numéro de son père. On dirait que ce monsieur avait des yeux partout. Il s’excusa poliment, prit congé et décrocha :

  • Allô papa.
  • Alors fiston, tu y es ? Tu as déjà vu Charles ?
  • Pas encore papa. Il y a un étudiant avec lui. Je pense que ce sera mon tour dès qu’il se libère.
  • Ok. Félicitations fiston et beaucoup de courage.
  • Merci papa. Je te rappelle dès que c’est bon.

Il se sentait un peu honteux d’avoir menti sur ce qu’il venait faire. Mais comment pouvait-il justifier qu’il venait déposer lui aussi son dossier d’inscription et qu’il bénéficiait de l’influence de son papa alors que d’autres se réveillent si tôt pour faire la queue pendant des heures et des heures ? En se dirigeant vers le bureau qui venait de s’ouvrir et le type à la barbe impressionnante qui lui fit signe de rentrer, il marque un petit arrêt à demanda à Akofa :

  • Que comptezvous faire au campus ?
  • Les Sciences de Gestion
  • Courage et bonne chance.
  • Merci

L’ambiance dans ce grand bureau mal rangé et qui comportait des dossiers mal rangés était différente. On pouvait sentir l’odeur du papier moisi baignant dans une climatisation à la sibérienne. Avait-on besoin d’une telle fraicheur quand on sortira pour se faire griller par le soleil dehors ? Les gens exagéraient un peu se disait-il en son for intérieur. Il tendit son dossier à Monsieur Charles qui le parcourut rapidement et lui demanda s’il avait une autre option au cas où il changerait d’idée par rapport à la médecine. Il était sur le point de dire non mais sans savoir pourquoi exactement, prononça plutôt le contraire. Il récupéra son dossier et ajouta Les Sciences de Gestion. Cela faisait une orientation un peu bizarre mais il s’en foutait un peu actuellement. Charles le raccompagna jusqu’à la voiture. Ils se parlèrent à voix basse puis il pointa le doigt en direction de la file des bacheliers qui manquaient de lancer une révolte à leur endroit. En retournant dans son bureau, Charles s’exprima à hauteur d’Akofa en disant avec une voix clairement audible :

  • Mademoiselle Akofa ? Suivezmoi.

Elle hésita un peu car surprise. Peut-être que ce n’était pas elle. Mais comme aucune fille ne bougea, elle comprit qu’il s’agissait bien d’elle. Elle s’empressa de le rattraper et déposa rapidement son dossier. Au moment de prendre congés, après avoir remercié, Charles l’interpella :

  • Alex est un garçon que j’admire beaucoup. Prenez bien soin de lui.
  • Euh… Merci

Elle n’était pas sûre de comprendre ce qu’il voulait dire par là. Elle qui ne connaissait qu’à peine ce fameux Alex. Qui était-il au juste ? Et que lui avait-il dit ? Une chose était certaine, elle a pu vite déposer son dossier à cause d’Alex. Elle devait lui être reconnaissante sinon elle serait là encore à attendre presque quatre heures pour déposer son dossier. Elle se rappelait l’avoir vu sortir d’une voiture qui n’était plus là. Ce n’était pas grave. Elle n’aurait peut-être pas la chance de le remercier de vive voix. Il s’était comporté comme un ange tout compte fait. Elle tourna à droite à l’angle du bâtiment et se retrouva nez-à-nez avec son fameux ange. Elle sursauta parce qu’elle ne s’attendait pas à le voir là-bas. Il avait été le premier à briser la glace :

  • Tu as pu faire ton dépôt ?
  • Oui. Merci. Grâce à toi.
  • Euh, je ne pense pas. C’est plutôt… Laisse tomber. Alors que faistu maintenant que tu as économisé quelques minutes ?
  • Je ne sais pas trop. Je pense que je vais rentrer à la maison vu que je suis déjà épuisée avec les trois heures passées à faire la queue.
  • Je crois que tu as vraiment besoin de te reposer. Mais tu me permets de t’offrir une glace d’abord ?
  • Tu as déjà fait assez pour moi alors qu’on ne se connait même pas et je pense que ce serait un abus de ma part.
  • Je ne le vois pas de cet œil. Bref, accepte mon invitation alors pour me dire merci.
  • Pour te dire merci ? Mais c’est plutôt moi qui devrais t’offrir un truc.
  • Dans ce cas, je t’invite et tu m’offres la glace.

Ils pouffèrent de rire ensemble comme s’ils se connaissaient depuis. Il avait réussi à la désarmer. Elle accepta alors l’invitation à condition de vraiment payer l’addition. Sur ce, Alex insista pour choisir le lieu. Il héla alors un taxi qui passait juste à côté.

  • Mais et ton chauffeur ?
  • C’est le chauffeur de mon père. Je lui ai demandé de partir.
  • J’espère que ce n’était pas à cause de moi.
  • Un peu oui. Mais le plus important maintenant est que tu as accepté mon invitation.
  • Hum.

 

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