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Graines de pensées...

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 4 - Suite et Fin.

8 Février 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société, #Découverte du Togo

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 4 - Suite et Fin.

Il parla avec le chauffeur du taxi puis ils s’installèrent à l’arrière. Après avoir roulé pendant une vingtaine de minutes, le taxi s’immobilisa devant une enseigne : New Wings. Elle n’était encore jamais venue ici mais avait entendu parler de leur glace. Parait qu’elle était l’une des meilleures de la ville. Il passa la commande et ils s’installèrent à une table située au fond de la salle. Ils parlèrent de tout et de rien. Il avait réussi à la mettre vraiment à l’aise. Il insista pour payer l’addition et elle s’exécuta. Ils se séparèrent en s’échangeant les contacts.

Qu’elle ne fut pas sa surprise le jour du début des cours de retrouver Alex dans son amphi. Ils ne s’étaient plus parlés depuis presque un mois et les voilà réunis dans la même salle ! Ce jour-là, ils étaient assis côte à côte. Après les cours, ils bavardèrent un peu ensemble au restaurant universitaire avant de se séparer. Avec le temps, Alex lui déclara sa flamme. Il était amoureux d’elle. Maintenant elle comprenait tout et se rappela de la fameuse phrase de Monsieur Charles. Mais elle, le considérait comme un ami. C’est vrai qu’elle aimait sa compagnie à cause de son caractère, de ses convictions, de son franc-parler, de tout. Mais elle ne comprenait pas pourquoi elle n’était pas amoureuse de lui. Le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore. Elle avait repoussé délicatement et poliment ses avances craignant que leur amitié en prenne un coup mais Alex semblait imperturbable. Il avait promis respecter sa décision, ce qu’elle apprécia. Il avait aussi ajouté qu’il ne ferait rien qui nuirait à leur relation d’amitié et elle apprécia encore d’avantage. Cet Alex avait bon cœur. C’est vrai que par moment, il essayait de revenir à la charge en se disant que peut-être elle avait changé d’avis. Mais elle ne pouvait pas prendre le risque d’accepter ses avances tant qu’elle le considérait toujours comme un ami. Certaines de ses camarades lui avaient conseillé d’accepter en expliquant par des théories aussi improbables les unes que les autres que l’amour pouvait naître si elle se lançait. Elles avaient même usé de toutes les stratégies pour la convaincre. Parfois, elles se laissaient aller à des commentaires sur Alex en vue de la rendre jalouse mais tout cela l’amusait plutôt.

Alex n’avait pas non plus hésité à la présenter à sa petite sœur qui se mettait déjà à l’appeler affectueusement belle-sœur. Elle de son côté ajoutait toujours « ratée ». Même Jeanne la petite sœur d’Alex essayait à plusieurs reprises de la séduire pour son grand frère qui ne cessait de parler d’elle tout le temps. Elle fit comprendre à Jeanne de la même façon qu’elle avait expliqué à Alex qu’elle était plutôt amoureuse de Jean le frère de son amie Jacqueline. Alex répondait en souriant : « Qui sait ? Peut-être que la roue tournera un jour en ma faveur ? Moi je serai toujours là pour toi. »

Même après sa grossesse contractée avec Jean, Alex avait toujours continué à la soutenir surtout que Jean n’était pas prêt à fonder une famille avec elle. Alex lui avait même proposé le mariage après la naissance de Faith mais elle ne pouvait pas. Cela faisait un bail qu’ils ne se voyaient pas mais avaient gardé le contact par messagerie. En effet, Alex était parti continuer ses études dans une Université Française. Il était donc à Paris. Elle se rappelait lui avoir parlé de ses projets de recherche d’emploi mais quel lien existait-il entre Alex et Yves ? Ils se connaissaient depuis quand ? Elle devait lui poser la question pour en avoir le cœur net. Elle prit son téléphone au réveil et essaya d’appeler le numéro d’Alex. Elle était surprise de voir que c’était le répondeur par deux fois. Puis elle se décida à laisser un message. Elle essayait de se rendormir quand son téléphone sonna. Elle en connaissait pas le numéro et ne voulut pas décrocher mais pour un appel un peu matinal comme celui-ci, elle n’avait pas le choix. Peut-être que c’était un truc urgent.

  • Je passe te chercher pour le déjeuner de midi, lança la voix au bout du fil dès qu’elle décrocha.
  • Alex ? Mais tu es rentré ?
  • Oui. Je suis rentré hier nuit. Je voulais te faire la surprise mais je pense que c’est toi plutôt qui m’as surpris avec ton coup de fil. Je dormais encore et dès que j’ai écouté ton message sur répondeur, j’ai rappelé tout de suite.
  • Ok. Bonne arrivée alors.
  • Alors je passe te prendre à midi sans faute. A plus.
  • Ok. Merci. Je serai prête.

Puis il raccrocha. Il passa également comme prévu mais avec cinq minutes d’avance avec un joli bouquet de fleurs qu’elle s’empressa de poser sur la table centrale. Elle était habituée à voir les gens arriver en retard aux rendez-vous si bien qu’elle avait complètement oublié qu’Alexandre était un maniaque de la ponctualité. Il s’était toujours arrangé pour être là avant l’heure. Il lui laissa le choix du restaurant. Elle s’était habillée de manière simple. Un jean bleu avec un haut fait de pagne woodin, et des ballerines comme chaussures. Il était bien silencieux et semblait se rassasier de la voir déguster son plat d’entrée. Il n’avait presque pas touché au sien. A un moment donné, elle était un peu gênée de cette situation et décida de rompre la glace.

  • Alors comment vastu ?
  • Bien. Cela fait du bien de te revoir après toutes ces années. J’ai même l’impression que c’était hier. Tellement tu n’as pas changé et tu es toujours aussi belle que le premier jour que je t’ai croisée à l’inscription.
  • Je suis flattée. Et puis parlant de l’inscription, qu’estce que tu avais dit à Charles ?
  • Oh rien d’intéressant.
  • Même pas intéressant, je veux savoir.
  • Eh bien, je lui ai dit que la demoiselle qui se tenait là et qui s’appelait Akofa allait changer le cours de ma vie et que s’il m’aidait à la recevoir rapidement, je deviendrai l’homme le plus heureux du monde. Voilà.
  • Tu es sûre ?
  • Oui. Et pourquoi donc ? Tu ne me crois pas ? Et puis pourquoi cette question maintenant ? Tu l’as revu ce matin ?
  • Non. Pas du tout. Juste que tu connais tellement de gens.
  • Je dirai plutôt que ce sont les gens qui me connaissent ou mieux qui connaissent mon père.
  • Alors tu as fini par trouver une petite blanche làbas pour te tenir au chaud ?
  • Pas du tout. Il n’y a qu’une seule personne qui m’intéresse et tu la connais même mieux que moi.
  • C’est pour cela que tu m’as recommandée à Yves ?
  • Estce que cela joue en ma faveur ?
  • Cela dépend.
  • Alors doisje comprendre que finalement tu me donnes ma chance ?
  • Alex, tu sais très bien que cela ne peut pas marcher entre nous.
  • Mais qu’estce que tu en sais ? Tu n’as même pas voulu qu’on essaye.
  • Parce que cela ne vaut pas la peine de faire des essais quand on sent que ça ne colle pas.
  • Alors ton stage se passe bien ?
  • Oui très bien. Et en passant, merci pour la recommandation.
  • Je t’en prie. Tu n’as pas à me remercier. Tu sais très bien que tout ce qui te rend heureuse me rend heureux également.
  • Mais dismoi, comment connais-tu Yves ?
  • Yves ? à vrai dire, je ne le connais pas en tant que tel.
  • Comment tu ne le connais pas ?
  • On s’est croisés lors d’un dîner organisé par son beaupère qui était ami à mon père. Et comme je sais qu’il bosse aux Ressources Humaines, je n’ai pas hésité à lui demander ce service quand il m’a parlé de l’assistante qui venait de démissionner.
  • Son beaupère ? Tu veux dire qu’il a un enfant ? Et pourtant je n’ai jamais vu de bague à son doigt.
  • Oui. Son beaupère est le Directeur de la Banque de mon père.
  • Attends. Là tu vas trop vite. Tu veux dire que cette banque appartient à ton père ? Et que c’est le beaupère d’Yves qui est Monsieur BADARA ?
  • Oui. Qu’estce qui ne va pas ? Yves t’a fait quelque chose ?
  • Non.
  • Mais pourquoi tu t’intéresses tant à lui ?
  • Juste par curiosité.
  • Ou bien il te fait la cour ? Ou tout simplement il te plait ?
  • Quelque chose comme cela. Il est si gentil et doux.
  • Ah bon ! Et comment trouvestu ton plat ?

Sur ce, elle avait compris qu’elle venait de blesser son ami. Elle n’avait pas pu contrôler. Mais il fallait quand même qu’il sache la vérité. Elle s’est excusée et le reste du déjeuner se passa dans un silence qui pesait presque comme le Titanic. Elle venait de le briser sûrement car il n’avait presque pas mangé le quart de son plat et n’avait pas touché à son verre de vin. Il régla l’addition et la raccompagna chez elle. Le trajet aussi était silencieux et semblait durer plus que l’aller. Et pourtant c’était la même distance, le même chauffeur. Lui aussi devait sûrement se poser plein de questions. Elle s’inquiétait pour lui mais en même temps sentait une boule monter en elle contre Yves pour ne pas lui avoir dit qu’il travaillait en réalité pour son beau-père. Alors Yves lui aurait-il raconté rien que des mensonges ? Ou bien voulait-il faire comme tous les autres ? Essayer de coucher avec elle et de passer à une autre ? A combien de stagiaires avait-il déjà fait le coup ? Au moins une chose était sûre, Alex et Yves n’étaient pas des amis comme elle l’avait imaginé et donc cela ne pouvait pas être un complot contre elle. Malgré toutes ces années, elle n’arrivait toujours pas à comprendre comment Alex tenait toujours à elle à ce point. Si seulement elle pouvait lui ouvrir son cœur, elle serait certainement une femme comblée. Il la déposa chez elle et lui souhaita un bon après-midi. Il la serra fort et la gratifia d’un câlin comme il l’a toujours fait et elle pouvait sentir comment son cœur battait dans sa poitrine. Alex avait mal mais faisait tout pour garder son calme. Maintenant qu’il a démarré et est reparti, elle se lassa tomber dans le canapé et tout en rage, prit son téléphone et envoya un message à Yves : Menteur.

 

Quelle sera la réaction d'Yves à ce message? Que se passera-t-il dans le chapitre suivant?

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