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Graines de pensées...

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 5 - Suite et Fin

15 Février 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société, #Découverte du Togo

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 5 - Suite et Fin

Il sonnait pratiquement seize heures quand Jeanine frappa à sa porte. Il était temps de commencer l’exploration des lieux. Akofa se sentait bien et sautillait comme une petite fille qui découvrait un parc pour la première fois. Elle tournait sur elle-même et en s’arrêtant, elle pouvait avoir l’illusion que tout tournait autour d’elle. Elle confia à Jeanine que cela faisait très longtemps qu’elle avait vécu pareille sensation. Il fallait qu’elle profite au maximum de cet instant. L’air ne contenait pas du gaz pollué rejeté par les voitures. Elle pouvait maintenant contempler le spectacle qui l’entourait. C’était un peu comme dans les contes de fées ou mieux dans les feuilletons à la télévision. On se croirait dans une hacienda avec un ruisseau artificiellement creusé dans le sol et une marre un peu plus loin, une plantation de tecks et de palmiers pour donner l’impression d’être dans un champ, une vaste pelouse toute gazonnée qui servait par moments de terrain de golf à quelques personnes fortunées qui venaient y passer le week-end. Tout était beau et magnifique. Elle avait porté un t-shirt blanc avec un gros cœur rouge dessiné à la poitrine sur une jupe ovale fleurie. Ce qu’elle trouvait amusant avec des chaussures de sport. Elle avait sorti une paire de lunettes de soleil et mimait sous forme de multiples poses les mannequins qu’on avait l’habitude de regarder à la télévision.

Jeanine aussi était une belle femme. Toutes les deux pouvaient être comparées à la petite bouteille de coca-cola comme les gens aimaient le dire pour les femmes disposant d’une hanche légèrement taillée en forme d’un zéro et de façon proportionnelle au reste du corps. Elle avait opté pour un pantalon jean avec un corsage qu’elle pouvait se permettre d’attacher au niveau du nombril et offrir un spectacle digne d’une allumeuse. C’est vrai qu’elle a toujours pris la vie du bon côté, ne faisant pas attention à ce que les gens disaient autour d’elle. Sa devise était simple : fais-toi plaisir en respectant ton corps et ne te sens pas du tout gêné du moment que tu n’es pas nue. Car comme elle aimait le répéter « les jaloux diront toujours quelque chose même si tu t’habilles comme un moine ». Avec le temps, Akofa se disait qu’elle allait changer mais on dirait qu’elle a tort. C’est vrai qu’elle ne fait plus certaines choses mais elle restait quand même légère.

  • Mais dismoi Jeanine, tu as un rendez-vous avec un prince charmant que je ne connais pas par hasard ?
  • Non ma copine, tu sais très bien que je ne suis pas pressé de me mettre la corde au cou. En plus, à part mon grand frère, les garçons d’aujourd’hui….pfff
  • Hahaha. Je te vois venir. C’est vrai qu’il est le plus gentil parmi tous les hommes que j’ai rencontrés.
  • Maintenant, c’est toi qui parle beaucoup de lui. On dirait que tu veux me convaincre de sortir avec mon propre frère.
  • Hahaha. Je pense que je serai la première à t’en empêcher.
  • Tu serais jalouse ? Sinon je peux toujours intercéder auprès d’Alex pour qu’il revienne la semaine prochaine.
  • Allons plutôt prendre nos vélos et cessons de parler de ces trucs.
  • Comme tu veux. Je parie que je vais te dépasser si nous faisons une course.
  • Je n’en doute pas et je ne veux même pas essayer surtout que je ne me rappelle plus la dernière fois que j’ai pédalé.
  • Dans ce cas, j’irai doucement.
  • Ok. Tu es trop gentille.

Elles finissaient de discuter quand le gérant leur présenta les vélos. Jeanine proposa de choisir les VTT et Akofa se laissa faire. De toute façon, elle n’avait pas les moyens de tenir tête à Jeanine. Elles refusèrent d’utiliser le casque sous prétexte qu’elles n’étaient pas en ville et qu’elles n’avaient pas l’intention de rouler trop longtemps. Le sac au dos de Jeanine contenait deux bouteilles d’eau minérale et des biscuits en plus d’un tapis sur lequel elles pouvaient s’asseoir. A peine avaient-elles roulé pendant dix minutes que Jeanine s’arrêta. Akofa, surprise, s’arrêta aussi et vint prendre des nouvelles de son amie.

  • Tu t’es blessée ?
  • Non.
  • Et pourquoi tu t’arrêtes ?
  • Akofa, tu ne vas pas me dire que tu es aveugle.
  • Tu as vu le bon Dieu ou le diable ?
  • En tout cas, s’il est l’un d’entre eux, alors c’est un Dieu.
  • Ah bon !
  • Mais oui ! ouvre les yeux et regarde ce meclà. Même de dos, on peut se rendre compte qu’il est mignon. Je sens que je vais m’évanouir.
  • Ne dis pas de bêtises. Mais je crois que…
  • Que quoi ? Tu as vu le diable on dirait. Pourquoi tu restes bouche bée et incapable de prononcer un mot ?
  • Attends. Un instant. (Elle se frotta les yeux puis se donna un coup sur la tête).
  • Eh copine, tu m’effraies là. Dismoi ce qui se passe.
  • Je crois que c’est Yves !
  • Tu blagues là. Yves est en mission avec son patron tu m’avais dit non ?
  • C’est ce que je pensais. Le salaud, je vais lui régler son compte. Je vais lui casser la gueule.
  • Hé, attends. Ne te précipite pas. On dirait qu’il n’est pas seul. Peutêtre qu’il est avec son boss.

C’est à ce moment qu’Akofa remarqua un deuxième vélo qui arrivait. Elle espérait que c’était le boss même si au fond d’elle-même, elle n’y croyait pas vraiment. Et son intuition lui avait donné raison car c’était plutôt une jeune fille qui pédalait. Elle s’arrêta au niveau d’Yves et fit semblant de s’écrouler quand Yves la rattrapa. Akofa se demandait qui était cette fille car elle ne se rappelait l’avoir vue nulle part. Elle ne ressemblait pas non plus à la fille du patron à qui il était supposé avoir fait un enfant. Elle se retourna pour remarquer que Jeanine aussi avait la bouche grandement ouverte comme si elle avait vu un fantôme.

  • Jeanine, qu’estce que tu as ? on dirait que tu viens de voir un fantôme.
  • Non, c’est juste que je n’arrive pas à croire ce que je vois.
  • Je ne te comprends pas.
  • C’est notre voisine. Je sais qu’elle sortait avec un homme marié de la cinquantaine qui l’entretenait mais pas qu’elle sortait aussi avec ton cher Yves.
  • Ah bon ! Donc c’est une pute ?
  • Je crois qu’on peut leur casser la gueule ensemble.
  • Laisse tomber. Cela ne vaut pas la peine. Rentrons.

Elles retournèrent sans même profiter du reste de l’après-midi ni de l’environnement qu’elles voulaient tant apprivoiser. Son week-end à elle était gâchée. Encore par Yves. Vraiment, on dirait qu’il y en a qui naissent juste pour pourrir la vie des autres. Mais ce qu’elle avait beaucoup plus du mal à assimiler, c’est le changement de comportement d’Yves. Quand elle le connaissait depuis les bancs de l’école, il avait l’air intègre. Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Comment avait-il pu devenir aussi méchant comme cela ? On dit souvent que l’homme nait bon et que c’est la société qui le corrompt. Mais pourquoi elle, Akofa, n’avait pas changé ? Jusqu’à quand restera-t-elle aveugle ? Comme elle se sentait mal. Au moins si Alex était là. Elle irait se jeter dans ses bras car lui, il a toujours été là pour elle dans les bons moments comme dans les mauvais. Elle pouvait se rappeler comment il avait réagi quand elle lui avait annoncé qu’elle était enceinte. C’est vrai qu’il avait eu l’air triste mais il l’avait serrée dans ses bras comme s’il en était l’auteur, lui déposa un baiser sur le front et lui avait murmuré à l’oreille de ne pas s’inquiéter et que tout se passerait bien et qu’elle pouvait compter sur lui à tout moment, qu’il serait son protecteur et qu’il ne laisserait personne lui faire du mal. Aujourd’hui elle se rendait compte qu’elle était ingrate. Dire qu’elle avait vexée, involontairement bien sûr, Alex à cause de ce connard d’Yves. Elle avait du mal à avaler le dîner ce soir-là car Yves, ne se doutant pas de sa présence, continuait à jouer à l’amoureux avec cette pute. Il lui fallait faire un effort et tourner cette page. Elle avait le cœur serré, la gorge nouée et entre deux sanglots, demanda à Jeanine de retourner en ville car elle ne pouvait pas dormir dans cet endroit en imaginant Yves faire des galipettes avec cette fille dans le lit. Demain, ce qui était sûr, il viendrait se présenter au bureau avec un air d’enfant et un sourire d’ange alors que le vrai visage qui se cachait sous ce masque était celui du diable déguisé en agneau.

 

Que se passera-t-il dans la vie d'Akofa une fois retournée en ville? La suite dans le prochain et dernier chapitre qui paraitra en deux volumes comme d'habitude.

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