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Graines de pensées...

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 5

13 Février 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial

Base 57 (située à Assahoun au Togo)

Base 57 (située à Assahoun au Togo)

Cela faisait déjà une semaine qu’elle n’avait pas les nouvelles d’Yves. Etait-ce à cause du message qu’elle avait envoyé ? Pourtant une personne normale devrait réagir face à un contenu pareil. Ou bien s’en foutait-il royalement ? Peut-être c’était dans ses habitudes et il ne voulait pas se montrer tant qu’il n’aura pas les réponses qu’il faut ? Pendant combien de temps allait-elle se ronger les ongles en attendant qu’il fasse signe de vie ? Pour la première fois, elle prit le combiné et appela le poste d’Yves qui sonna en vain. Sûrement qu’il ne voulait pas lui parler sinon pourquoi ne pouvait-il décrocher ? Même parfois en salle de réunion, il arrivait à communiquer avec elle. Elle attendit jusqu’en début d’après-midi et cette fois-ci appela l’assistante d’Yves qui l’informa que ce dernier était en mission avec le Directeur Général à l’intérieur du pays pour deux semaines. Il y avait un projet d’ouverture d’agences et ils faisaient les entretiens pour le personnel.

Elle essaya depuis ce jour de lui envoyer quelques sms les soirs pour avoir de ses nouvelles et savoir comment la mission se passait mais Yves gardait toujours le silence. Et plus les jours passaient, plus elle devenait de plus en plus agressive. Elle en parla à Jeanne qui malgré le fait d’être la belle-sœur ratée s’entendait à merveille avec elle et gardait même tous ses secrets. Comme proposition, Jeanne lui proposa un week-end loin de la ville, dans un endroit où elle passerait du temps avec la nature et faire le vide dans sa tête. Elle refusa dans un premier temps car elle ne pouvait pas passer tout un week-end sans sa fille. D’un autre côté, elle se disait que peut-être qu’Alex, le grand frère de Jeanne pourrait être derrière cette proposition même si curieusement il avait disparu comme par enchantement depuis leur déjeuner. D’un autre côté, elle trouvait l’idée assez intéressante. Elle décida d’en avoir le cœur net et demanda à  Jeanne :

  • Comment va ton frère ?
  • Alex ? Je ne sais pas trop quoi te dire. Tu sais comment il est.
  • Comment estil et que je sais ?
  • Même si rien ne va, il dit toujours que tout va bien et ne laisse rien transparaitre.
  • Ah oui ! J’aime sa façon de voir et de croire en la vie. Avec lui tout a l’air si simple et facile.
  • Eh dis donc la copine, c’est la première fois que tu parles comme cela de mon frère. Les choses évoluent entre vous on dirait.
  • Non, je ne pense pas. Je crois même que je lui ai fait du mal la dernière fois qu’on s’est vus. Quand estce qu’il repart déjà ?
  • Il est déjà reparti en donnant des excuses qui ne tenaient pas la route. Mais maintenant que tu y parles, je crois que tout est un peu plus clair.
  • Quoi ? Déjà parti ? Je pensais qu’il était là pour deux ou trois semaines.
  • Oui mais apparemment tu l’as chassé. Et que s’estil passé au juste ?
  • Je crois que j’irai à ce weekend. Merci pour l’idée.

Elle se sentait mal à présent d’apprendre qu’Alex était reparti seulement deux jours après son retour de la France à cause d’elle. Il lui fallait faire le vide dans sa tête car tout commence par s’embrouiller à présent. Sa maman devrait pouvoir prendre soin de Faith pendant son absence. Elle était en train de faire ses valises quand elle se rappela qu’elle n’avait même pas eu assez d’informations sur le lieu que proposait Jeanne. Elle prit le téléphone et l’appela. Contre toute attente, Jeanne ne lui donna pas le nom de la localité au téléphone et se proposa de passer l’aider à faire ses valises avant de lui donner les détails nécessaires. Ce qu’elle fit dans la demi-heure qui suivit. Après que les valises aient été bouclées, Jeanne les rangea dans le coffre de sa voiture et lui demanda de prendre place.

  • Mais que faistu ? lança Akofa
  • Je viens avec toi.
  • Quoi ? Comment ?
  • Je n’ai rien à faire ce weekend. Et en plus, je crains que seule, tu ne fasses encore une bêtise. Alors je viens avec toi, que tu le veuilles ou pas.
  • Tu es vraiment têtue.
  • Pas plus que toi sinon tu serais ma bellesœur aujourd’hui.
  • Ok. Tu as gagné. Peutêtre même que tu me seras utile comme guide une fois là-bas puisque tu sembles t’y connaître.

Sur celle, la voiture démarra. Jeanne ne dépassait jamais les soixante kilomètres par heure en ville afin d’éviter une infraction à la circulation. Mais dès qu’elle se retrouva hors de la ville, elle se laissa aller en moins de trente secondes au double de la vitesse urbaine. Elle conduisait à près de cent vingt kilomètres par heure. Puis au bout de quarante minutes de conduite, elle immobilisa la voiture dans une station-service. Elle descendit, entra dans la boutique et en ressorti un quart d’heure plus tard les bras chargés de vivres et de bouteilles de vins rosés. Akofa se demandait encore s’il s’agissait d’un week-end pour se reposer ou pour faire la fête. Elle l’aida à ranger les courses à l’arrière de la voiture et elles reprirent la route. Cette fois-ci, Jeanne ne roulait plus vite, et elle put apprécier la beauté de la végétation qui les entourait. Puis elle bifurqua sur la droite et s’engagea sur une piste rurale. Après environ deux kilomètres, elle vit des enfants s’amuser dans la cour d’une maison dressée en terre cuite. Ils étaient sales surtout des pieds vu qu’ils jouaient dans la poussière un ballon de fortune fait de sachets attachés. Les enfants s’arrêtèrent de jouer pour leur faire un coucou de la main. Et puis repartirent de plus belle dans la course au ballon. Elle trouva le spectacle si mignon qu’elle laissa couler des larmes. Elle ne pouvait pas se rappeler si quelqu’un lui avait fait un geste de la main alors qu’elle rentrait à la maison dans la grande ville. Jeanne roula encore un peu à travers une plaine où elle pouvait observer des moutons brouter de l’herbe, des chiens s’amuser à faire peur aux poules. Quand la voiture s’immobilisa, elle leva les yeux et vit dressé devant elle un bâtiment imposant pour un village comme celui-ci. C’était calme tout autour et on pouvait entendre les chants des oiseaux.

Elle descendit de la voiture et resta bouche bée pendant quelques instants. Elle se retourna vers Jeanne qui avait l’air amusé de la voir extasiée devant ce joli bâtiment au milieu de nulle part. Alors elle demanda à Jeanne :

  • Il appartient à ton papa ?
  • Non, mais pourquoi ?
  • Eh bien, d’abord l’emplacement caché. Et puis qu’estce qui n’appartient pas à ton père dans ce pays.
  • Hahahaha. Presque tout sauf cet endroit.
  • Alors il est à toi ?
  • Non, arrête de dire des bêtises. J’ai juste fait des recherches et je suis tombé dessus.
  • J’ai du mal à te croire.
  • Eh bien, tu vas devoir me croire. Moimême c’est ma première fois.
  • Comment cela ta première fois alors que tu as conduit comme une habituée.
  • Bellesœur ratée, dans la vie, on dit souvent que la personne qui demande sa route ne se perd jamais. Tout à l’heure dans la station-service, j’ai demandé au caissier. Et j’avoue qu’il a fait une description parfaite de l’endroit.
  • Alors on s’installe ?
  • Laissemoi au moins lire le nom de l’établissement.

Sur ce, Akofa fit le tour du bâtiment et demanda à Jeanne :

  • Base 57 ?
  • Oui, c’est la Base 57 ? Et personnellement je m’attendais à voir un bateau ou une architecture sous forme de port. Bref, il parait que le propriétaire était marin.
  • Ah bon ! Je suis un peu fatiguée. Et si on se reposait un peu ?
  • Bonne idée. Ensuite au réveil, nous irons faire du vélo.
  • Cool. Au moins, ici, je suis sûr de ne pas croiser quelqu’un que je ne veux pas voir.

Elles prirent possession chacune de leur chambre et s’y installèrent. Elle allait passer un week-end loin de tous ses soucis. Et elle espérait vraiment y profiter.

 

Mais qu'attend Akofa à son réveil? La suite pour bientôt.

à suivre...

 

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