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Graines de pensées...

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 6 - Suite et Fin

21 Février 2017 , Rédigé par TEVI-BENISSAN Daté Martial Publié dans #Vie en Société, #Découverte du Togo

AKOFA, UN DESTIN CAPRICIEUX: Chapitre 6 - Suite et Fin

Jeanine avait posé une enveloppe sur la table. Akofa la prit ou hésita. Elle ne savait pas s’il fallait regarder l’intérieur car elle ne savait pas ce qu’elle y trouverait et l’effet que cela aurait sur elle. Mais qu’avait-elle à perdre ? Elle y enfonça d’avantage sa main, caressa les bouts de papier et les sortit. Elle n’en revenait pas. Il y avait un ensemble de photos et des conversations. Elle prit le temps de lire les conversations et laissa couler quelques larmes. Elle regarda les photos avec stupéfaction et demanda à Jeanine comment elle les avait obtenues.

  • Facile.
  • Comment ?
  • La pute du quartier. Elle fonctionne à l’odeur de l’argent. Il a suffi que je lui glisse deux billets violets pour qu’elle déballe tout.
  • Je n’arrive pas à y croire. Quel cynisme de la part d’Yves ? Cela ne lui ressemble pas pourtant quand tu le vois.
  • L’habit ne fait pas le moine. Vraiment désolée, ma chérie.
  • Tu n’as pas à être désolée. Tu n’es pas celle qui le manipule. C’est un homme responsable de ses actes et il ne m’aura pas.
  • Alors tu le trouves comment ton hamburger ?
  • Oh zut ! Je n’ai plus faim.
  • Ecoute ma chérie, si tu ne manges pas ce putain de hamburger, alors je vais te l’enfoncer dans la bouche de gré ou de force.
  • Vraiment, tu es plus qu’un dictateur.
  • Le monde leur appartient. C’est la loi de la jungle. Le plus fort remporte toujours. Et ce hamburger te donnera la force nécessaire.
  • Tu as raison. Je dois retourner au bureau.

Jeanine la déposa cette fois-ci à la guérite. Elle ne prit plus les escaliers mais l’ascenseur. Yves aussi y était mais elle se comporta comme si elle ne l’avait pas remarqué. Il avait même failli la rattraper par le bras à voir le geste qu’il interrompit sans nulle doute parce qu’il y avait d’autres occupants. Elle n’avait pas répondu à sa carte. Sûrement qu’il attendait un signe. Elle prit alors son téléphone, composa le numéro en interne d’Yves et déclina l’invitation. Par contre, elle lui proposa de reporter le dîner sur le vendredi. A contre cœur, il accepta. Elle pouvait sentir la déception dans sa voix. Elle allait lui faire payer. Elle n’était pas une fille facile comme celles qu’il a l’habitude de baratiner. Elle sentait monter en elle une force qu’elle n’avait jamais remarquée jusqu’à présent.

Depuis ce jour, ses soirées se passent bien. Elle dort bien la nuit et se surprend parfois à rêver d’Alex. Le rêve qui la fit pleurer au réveil était celui dans lequel, Alex lui avait demandé sa main et qu’elle avait accepté. Elle ne sait pas exactement où se situe cet endroit mais on dirait un parc géant avec des fontaines et des cours d’eau artificiels. Elle était assise à lire un roman quand celui-ci demanda la permission de s’asseoir à côté d’elle sur le banc. Après quelques minutes pendant lesquelles il était resté immobile comme figé, Alex se leva, marcha et revient avec un ballon gonflé rattaché à une corde. Il lui tendit la corde. Au moment où elle essaya d’attacher le bout du fil à un pan du banc, elle se rendit compte qu’il y avait une petite boîte solidement accrochée. Elle la détacha, oubliant de rattraper le ballon et l’ouvrit. Elle n’en revenait pas. Une jolie bague était à l’intérieur. Elle était là à la contempler quand Alex prononça la formule magique : « Veux-tu m’épouser ? ». Elle accepta et en moins de deux semaines, ils étaient devant le maire. Elle était dans une jolie robe blanche et c’était Faith qui avait apporté les alliances. Elle était tellement émue. C’est à ce moment précis qu’elle s’était réveillé et avait remarqué des larmes couler. Que lui arrivait-il ? Serait-elle amoureuse d’Alex à présent après l’avoir repoussé pendant tant d’années et surtout après lui avoir brisé le cœur quand il était rentré la dernière fois ? Elle est maintenant décidé à ne plus souffrir ni faire souffrir ceux qu’elle aimait à l’exception d’Yves qui passait dans le camp des méchants.

Chaque matin, elle s’habillait de plus en plus sexy et passait plus de temps à discuter avec les autres collègues, évitant au maximum Yves ou l’ignorant quand il s’adressait à elle. Parfois elle feint d’avoir du travail et se défile en se déhanchant bien sûr. Elle pouvait sentir le regard d’Yves la suivre un peu partout dans les locaux de la banque. Mais elle n’avait plus rien à cirer désormais car c’est elle qui menait le jeu, c’est elle qui portait la culotte. Malgré son assurance, elle sentait la pression monter au fur et à mesure que le vendredi approchait. Elle pouvait même tuer un moustique avec un révolver si cela la détendrait. Elle sortit respirer un bon coup d’air quand elle se retrouva nez-à-nez avec Jeanine. Elle avait sursauté car elle n’attendait pas sa visite d’autant plus qu’elle ne s’était pas faite annoncer.

  • Salut !
  • Jeanine ? Que faistu ici ?
  • Je viens te voir frangine. Tu sais que tu ne m’as pas encore fait le compte rendu mais je sais que c’est demain le grand jour. Alors tu te prépares comment ?
  • Dismoi d’abord comment tu fais pour être au courant de tout.
  • Prendsle comme cela. Je sais tout ce que je veux savoir et si tu veux en savoir d’avantage sur mes méthodes, je vais devoir te tuer une fois que je te les aurai révélées.

Elles éclatèrent de rire. Vraiment Jeanine dégage une énergie positive tout le temps. On dirait qu’elle n’a jamais connu de difficultés dans la vie et que tout lui souriait.

  • Alors que faistu par ici ?
  • J’ai déjà répondu à cette question. Donc c’est moi qui pose ou disons, repose ma question : comment te préparestu ?
  • Bien ? et c’est tout ?
  • Sincèrement j’ai peur de ne pas être à la hauteur.
  • Si tu te considères de cette façon, tu n’auras rien et Yves va encore te baratiner.
  • Si seulement Alex était là…
  • Hum. Mon petit doigt me dit que mon grand frère a eu raison d’avoir patienté.
  • Et qu’estce que ton petit doigt te dit d’autre ?
  • Que vous allez vous marier et avoir trois enfants.
  • Nous marier ? Avec trois enfants ? C’est bien de rêver.
  • Akofa, ce n’est pas moi qui rêve. C’est plutôt toi.
  • Comment ça ?
  • Regarde.

Jeanine sortit un petit miroir dans son sac et le tendit à Akofa qui n’y comprenait pas grande chose.

  • Regardetoi dans le miroir et vois comment tes yeux brillent
  • Mes yeux sont normaux.
  • Cesse d’être aveugle et ne joue pas à la comédie.
  • J’insiste que tout est normal.
  • Alors continue de regarder dans le miroir et parlemoi de mon frère.

Sur cette phrase de Jeanine, elle se laissa tenter, fixa le miroir et sans même ouvrir la bouche, rien qu’à penser à Alex, un joli sourire se dessina sur ses lèvres. Elle balaya vite ces idées. La réalité se faisait de plus en plus pressante : Alex. Elle avait l’impression d’avoir un grand vide en elle, sa vie défilait devant elle. Elle finit par avouer à Jeanine que depuis un temps, elle ne pense qu’à Alex mais souhaiterait que cela reste confidentiel. Jeanine prit congé et promit passer chez elle le samedi. Car elle devait avoir les informations à chaud. Elle lui promit donc l’exclusivité.

Dès qu’elle rentra à la maison, elle se rendit compte que le temps passait très vite. Elle prit une douche, mangea très peu ce soir et sortit faire les cent pas. Elle avait besoin de faire le vide car les sentiments se mélangeaient. Comment allait-elle aborder ce sujet avec Yves ? Malgré le temps frais, elle sentait que l’air était lourd et chaud et rentra se coucher. Le sommeil n’avait pas été facile même si c’est le réveil qui la tira du lit le matin. Elle avait l’air un peu fatigué mais s’arrangea pour ne rien laisser paraître. Dès son arrivée au bureau, Yves appela pour confirmer le dîner. Elle confirma vingt heures du soir. Yves l’attendait à la sortie pour la déposer à la maison mais elle déclina poliment. Quand il vint la chercher à la maison, elle était habillée d’un jean pantalon, d’un t-shirt et d’une chaussure de sport. Ce qui mit un peu Yves mal à l’aise car il s’attendait à la voir en jupe ou robe comme pour un dîner d’affaires. Il enleva donc sa cravate et démarra.

Quand ils arrivèrent au restaurant, elle déclina la proposition du plat d’entrée, commanda une queue de bœuf avec des pommes frites comme accompagnement. Elle mangea allègement et se permit le luxe de lécher ses doigts. Elle pouvait sentir Yves embarrassé par le spectacle qu’elle donnait. Et le spectacle lui plaisait bien. Elle aurait aimé saisir cet instant sur une bande vidéo. Mais sa mémoire lui permettait d’avoir l’exclusivité. Quand elle eut fini, Yves n’avait même pas encore fini le quart de son assiette. Et elle lança sur un ton moqueur :

  • Alors qu’estce que tu en penses ?
  • De ?
  • De moi. Tu ne m’as même pas dit si j’étais bien habillée. Ce n’est pas du tout gentil de ta part.
  • Toutes mes excuses. Je trouve que tu n’as pas besoin de beaucoup de choses pour être belle car tu es l’incarnation de la beauté même.
  • Je suis flattée. Alors tu en as rencontré pendant la mission à l’intérieur du pays ? J’ai appris que ces filles raffolent des garçons de la capitale.
  • Non pas du tout. Nous avons eu très peu de temps et l’emploi du temps était serré. J’aurais aimé faire un peu de tourisme mais nous n’avons pas eu le temps.
  • Ah bon ! Pas même un petit massage une nuit d’hôtel quelque part ?
  • Peutêtre si tu étais là
  • Et pas même le temps de faire du vélo dans les bois ?

A cet instant, Yves avala de travers et toussa fort. Puis il lâcha :

  • Je crois que j’ai avalé plus gros que ma gorge pouvait supporter.
  • Arrête de détourner le sujet, s’il te plait. Dismoi la vérité.
  • Je ne comprends pas.
  • Juste parce que tu ne veux pas comprendre.
  • Tu peux m’expliquer un peu ?
  • Je ne sais pas comment j’ai réussi à tomber amoureuse de toi.
  • Là c’est une nouvelle qui me fait rougir. Et pourtant…
  • Menteur !!!
  • Je me perds un peu là.
  • Je vais t’aider à retrouver la mémoire.
  • Ok. Eclaire donc ma lanterne.

Elle mit la main dans son sac, retira l’enveloppe et la posa sur la table. Yves l’ouvrit et resta pétrifié comme s’il voyait un fantôme. Il passa en revue les photos une à une, lu et relut les échanges de messages imprimés et sans lever la tête, demanda :

  • Où astu eu ces trucs ? et par quels moyens ?
  • Tu n’as pas honte ? Yves ? Dire que même ton fils n’est pas ton enfant et tu arrives à vivre avec une conscience tranquille ?
  • Ce n’est pas ce que tu crois.
  • Et qu’estce que tu veux me faire croire maintenant ? Que tu as couché par accident avec la sœur jumelle de ta petite amie ? Non. Garde tout le reste pour toi. Je ne peux pas te croire.
  • Pour l’enfant, c’était la seule façon d’aider Charlène. Elle ne savait même pas celui qui l’avait enceinté après s’être faite violer. Alors on a trouvé un terrain d’entente avec Charlotte pour que j’en porte la responsabilité. D’un autre côté, cela me permettait d’avoir ce poste car son père ne pouvait pas laisser son gendre sans emploi.
  • Même si tel était le cas, rien n’excuse tes multiples mensonges. Tu sais, pour le Base 57, j’y étais et j’ai vu de mes propres yeux. Alors retourne voir ta putain de petite amie et oubliemoi.

Sur ce point, elle n’attendit pas le dessert, pris la bouteille de vin posée sur la table et s’en alla, laissant Yves seul devant l’assiette totalement refroidie et les documents compromettants. Elle rentra directement à la maison, passa un coup de fil à Jeanine pour l’informer et sans entrer dans trop de détails, elle s’endormit. Elle avait beaucoup dormi cette nuit et surtout de manière profonde. Quand elle commença par s’éveiller, elle sentit une odeur de fleurs lui effleurer les narines. Serait-elle encore entrain de rêver ? Car il n’y avait qu’un pot de fleurs artificielles dans sa chambre. D’où venait l’odeur de fleurs fraîches. Puis une voix d’homme qu’elle pouvait reconnaître sans trop d’effort murmura :

  • Astu bien dormi ?
  • Euh… Alex ?

Puis elle sursauta, se cogna la tête trois fois de suite afin de reprendre ses esprits. Car il est possible que la bouteille de vin bue hier pouvait lui jouer des tours.

  • Oui c’est moi. Et puis s’il te plait, ne te fracasse pas la tête. Sinon je m’en voudrais à vie.
  • Alex ! Tu es là.
  • Oui je suis là. Comme promis, je serai toujours là pour toi.
  • Mais que faistu ici ? Quand es-tu rentré ?
  • Hier soir. Jeanine m’a tout raconté.
  • Tu as déjà mangé quelque chose ? Je t’offre le petit déjeuner ?
  • C’est très gentil de ta part mais je crois que le petit déjeuner t’attend déjà.
  • Ah bon ! Un petit déjeuner de France ?
  • Si tu veux celui de France, alors tu m’as pour toi.
  • Oh Alex ! Je peux te poser une question ?
  • Oui vasy, j’écoute.
  • Prometsmoi d’être sincère avec moi.
  • Promis juré.
  • Alex, veuxtu toujours m’épouser ?

Pour toute réponse, Alex s’approcha d’elle, la fixa droit dans les yeux et lui donna un long baiser.

  • Akofa, j’attendais ce moment depuis ce jour que je t’ai vue sur le campus.
  • Excusemoi pour tout le mal que je t’ai fait subir.
  • Chut ! Tu n’as pas à t’excuser. Le cœur a ses raisons que la raison ellemême ignore.
  • Mais j’ai un peu exagéré.
  • Akofa ! Je peux te poser moiaussi une question ? Et tu promets d’accepter ?
  • Euh ! C’est un piège ?
  • Non, pas du tout.
  • Qu’importe ? Pour toi, je ne peux plus rien refuser

Puis Alex mit la main dans sa poche, posa un genou à terre et lui demanda :

  • Akofa, veuxtu m’épouser ?

Elle ne put retenir les larmes qui coulaient déjà puis passant la bague à son petit doigt, elle se jeta à son coup, l’embrassa tendrement et murmura :

  • Alex, je t’aime.

Deux mois plus tard, ils se disaient oui devant le Maire et à l’église, ce fut Faith qui apporta le cousin sur lequel étaient posées les alliances. Elle se rappela de son rêve et chuchota à l’oreille d’Alex : « comme le destin est capricieux ».

 

 

FIN

 

Merci à vous tous qui m’avez soutenu. Une nouvelle histoire sera bientôt disponible pour vous. En attendant, vous pouvez toujours faire un tour pour lire celle d’Eric dans UN MATIN PAS COMME LES AUTRES pour ceux qui n’avaient pas eu la chance de connaître mon blog depuis l’année passée.

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Justine 23/02/2017 17:35

Très interessant l'histoire, j'ai aimé

TEVI-BENISSAN Daté Martial 04/03/2017 09:42

merci à toi aussi